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Baudoin Prot : « Prendre le contrôle de Fortis et de la Générale de Banque est un événement majeure pour BNP Paribas »
La rédaction - Good Morning Business - bfm, le 09/10/2008
Le directeur général explique comment son groupe bancaire continue à fonctionner normalement, au moment où d’autres gèlent les crédits.


Comment expliquer la solidité de BNP Paribas et la tourmente des marchés ?
La solidité de BNP Paribas, c’est la fuite des modes dans les périodes où l’on terminait ce qui s’avérait être une bulle, je crois que l’on a toujours géré nos risques de façon rigoureuse, ce qui fait dire qu’aujourd’hui on n’a pas à sur-réagir et que, au moment où d’autres arrêtent de faire crédit, nous continuons, au contraire, à fonctionner normalement. On a donc été beaucoup moins exposés à la crise.
On a aussi un modèle dans lequel la banque de détails, avec la collecte des dépôts, le service des clients, qui retrouve toutes ses vertus aujourd’hui, mais nous avons toujours cru à cette activité, qui a toujours fait, depuis la création de BNP Paribas, plus de la moitié des revenus et des profits du groupe. C’est vrai, je pense que c’est un mouvement majeur pour BNP Paribas, que de prendre le contrôle de Fortis Banque en Belgique et de la Générale de Banque à Luxembourg.
En ayant les deux Etats qui deviennent des partenaires importants du groupe BNP Paribas, en étant les actionnaires directs de ces banques et en devenant aussi, pour l’Etat belge, le premier actionnaire du groupe avec plus de 11% du capital dans une semaine, c’est un formidable vote de confiance de ces Etats européens dans BNP Paribas. Je pense que ce partenariat sera vraiment gagnant sur les prochaines années, tant pour ces Etats que pour les actionnaires de BNP Paribas.
Au lendemain de cette tourmente, au cœur de cette tourmente, BNP Paribas a les moyens de dire « Business as usual » ?
Oui, je crois que c’est une des choses que l’on peut dire.
C’est vertigineux de dire ça comme ça ?
Ce n’est pas vertigineux, je crois que les équipes de BNP Paribas peuvent être très fières de la façon dont le groupe traverse la crise. Je crois qu’on n’a jamais perdu les fondamentaux du métier, qui sont la banque d’économies réelles, être proche du client, faire son métier, peut-être de façon professionnelle.
Je crois qu’aujourd’hui ça donne à BNP Paribas la possibilité d’être encore manœuvrant à un moment où les autres groupes sont soit en train d’épancher les pertes massives qu’ils ont faites, soit de procéder à des recapitalisations pour justement combler les pertes. Je dis tout ça sans arrogance.
Vous êtes d’un calme formidable, les marchés en ont certainement besoin. On dit que le marché bancaire est bloqué. Pouvez-nous l’expliquer, ainsi que les risques que ça implique sur l’ensemble du système ?
Je ne dirais pas qu’il est bloqué, je dirais qu’il fonctionne, mais sur des durées qui sont maintenant au jour le jour, et l’on peut dire qu’il est devenu difficile pour les banques de se financer au-delà du jour le jour. C’est évidemment un facteur de stress et d’anxiété pour les trésoriers de banques. D’un autre côté, les banques centrales sont très responsables. Je trouve que les autorités réglementaires, gouvernementales et les banques centrales sont de plus en plus mobilisées.
Il se trouve que les liquidités passent davantage par la Banque centrale européenne, mais il n’y a pas un manque de liquidités en tant que tel. Il y a une réticence de l’ensemble des investisseurs de se prêter sur des durées. Ils ne manquent pas du tout de liquidités, il n’y a aucun manque d’argent, simplement, cet argent un peu partout, a tendance à s’investir pour des durées courtes et si possible pour les investissements les moins risqués.
A succéder à une période où les investisseurs ont recherché des actifs à risque sans toujours bien comprendre ce qu’ils achetaient, une période qui est au contraire une extrême aversion au risque. Je crois que c’est cette sur-réaction, qui est assez traditionnelle dans l’économie de marché, mais qui aujourd’hui opère. C’est vrai que dans cette période, BNP Paribas a tous les atouts pour surperformer, mais d’un autre côté, je pense et j’espère, que pour l’ensemble du système financier, les choses vont progressivement s’améliorer. Ça va prendre du temps, mais je pense quand même que l’on va voir les choses progressivement s’améliorer.
A vous entendre, le système bancaire européen n’est pas au bord du gouffre ?
Non, je ne le pense pas au bord du gouffre. Je le crois d’autant plus que les autorités, les banques centrales, les Trésors, le ministère des Finances, les autorités gouvernementales, dans l’ensemble des pays européens, sont très mobilisés.
Pourquoi est-ce que les marchés ne le comprennent pas ? Pourquoi continuent-ils à vous sanctionner ?
Parce que la confiance est quelque chose de très immatérielle et s’abîme beaucoup plus facilement qu’elle ne se rétablit. Certaines choses qui se sont passées ont fait que la confiance d’investisseurs, dans les investissements, dans beaucoup de choses, a été sérieusement érodée. Maintenant, on est dans l’après-choc et l’on gère les conséquences de cette période. Ça va se rétablir progressivement.
Pour les déposants, pour vos clients ?
Les déposants n’ont aucune raison de s’inquiéter et ceux de BNP Paribas en particulier.
Vous voyez en Europe, les gouvernements allemand, irlandais et autrichien garantir les dépôts de leurs concitoyens. Faut-il un tel geste en France ?
Je ne le crois pas nécessaire, compte tenu de ce qu’est le système bancaire français, je ne crois pas que ce geste soit nécessaire et je ne suis pas sûr qu’il soit opportun.
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Baudoin Prot : « Prendre le contrôle de Fortis et de la Générale de Banque est un événement majeure pour BNP Paribas »

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posté le 10/10/2008 01:38:55 par icem92
