
Quelles conséquences concrètes, pour un fabricant comme Mercedes, fabricant plutôt haut de gamme de grosses berlines ? Quelles sont les conséquences et implications provoquées par cette crise financière ?
Les implications sont de deux ordres. Premièrement, il est vrai que l’on voit une descente en gamme des clients, c’est-à-dire qu’ils recherchent plus le confort, les équipements, que la vitesse. Cela est tout à fait normal. En revanche, nous voyons un attentisme. Aujourd’hui, c’est ni plus ni moins de se dire que l’on n’a pas forcément envie de changer sa voiture. Pourtant je crois que la voiture, et il faut insister là-dessus, doit rester aussi quelque chose comme un plaisir de conduite, de confort, et les voitures que nous produisons doivent garder cela.
Cet attentisme explique le moins 8% du mois de septembre des ventes de voitures neuves pour Mercedes ?
Au mois de septembre, nous avons fait plus 3,4 %, mais c’est vrai qu’au total nous avons un peu perdu. Nous avons perdu tout simplement parce que les modèles que nous avons sortis, la Classe A, B et C, se sont renouvelés au deuxième semestre. Nous avons donc perdu au premier semestre, mais nous devons nous rattraper au deuxième semestre. Il est quand même vrai que, quoi qu’il en soit, le marché haut de gamme n’est pas trop porteur en ce moment.
Est-ce que justement vous avez décidé par exemple de reporter un certain nombre de campagnes ? Il y a une grande campagne ce matin, couleur bleue pour la nouvelle Classe A 160 CDI Blue, qui est très bien, dans un grand quotidien économique. Mais est-ce que vous-même vous avez reporté un certain nombre de campagnes à la télévision, à la radio, pour répondre à cet attentisme ?
Je ne crois pas qu’il faille retarder les effets. D’abord, nous produisons toujours des voitures, et nous n’allons pas arrêter parce que nous avons une crise de six mois ou d’un an. Vous savez que le concept d’une voiture c’est sept à huit ans de recherche et de développement, avec toutes les innovations qui vont avec. Je dirais qu’il faut continuer à montrer ce que nous sommes capables de faire, comment nous sommes capables de nous adapter à l’environnement actuel, aux économies actuelles.
S’adapter à l’environnement actuel, ça tombe très bien, vous rappeliez cette incertitude autour du bonus-malus, combien de temps va-t-il rester... Il n’empêche que l’on est dans un contexte, en France, où les voitures bonus sont plutôt privilégiées au détriment des malus, alors que pour Mercedes, c’est plutôt de la grosse berline allemande. Comment répondre à cette demande ? Comment un constructeur de grosses berlines comme vous peut-il ou veut-il donner une image écologique ?
Nous produisons et nous vendons la Smart, qui est la championne écolo à 88 grammes, qui est la championne du bonus. Dix ans de Smart, enfin un énorme succès. Ça a fait plaisir, parce que là nous avons su attendre et faire. De l’autre côté, vous avez raison, il y a les grosses berlines. Nous avons montré aujourd’hui la première Classe S Hybride, la voiture de luxe hybride, qui s’adapte à l’environnement, parce que c’est 7,5 litres au 100, c’est 50 grammes de CO2 de gagnés. Il faut garder les berlines de luxe, pour garder ce plaisir, parce qu’il y a beaucoup de gens qui ne veulent pas non plus avoir une voiture comme un utilitaire.
Dans les nouveautés du Salon il y a ce modèle Hybride. Qu’y a-t-il comme autres nouveautés au Mondial de l’Auto ?
Nous avons le SUV compact. Là encore, on dit que les SUV sont des consommateurs, qu’ils sont lourds, mais il peut aussi y avoir de petits SUV, qui ont les mêmes moteurs que les berlines. On arrive, avec les technologies nouvelles, à faire des voitures qui font 7,5 litres et qui sont dans le marché. Vous avez raison, peut-être que les gros 4×4 ne sont plus dans l’air du temps.
A moyen terme, est-ce que vous avez quantifié la part des véhicules hybrides que vous aurez chez Mercedes ? Hier, l’observatoire Cetelem sur les véhicules, sur les carburants, estimait que, en 2015, on aurait vaguement 12% de véhicules hybrides, ce qui est quand même assez peu. Chez Mercedes, vous planchez sur quelle échelle ?
On planche sur les véhicules hybrides, mais surtout sur la pile à combustible. L’objectif de l’automobile de demain, c’est la zéro émission, la zéro pollution, la voiture électrique, la Smart électrique, la voiture hybride, mais surtout la pile à combustible. D’ici à 2015, une automobile propre, et Mercedes le sera.

