Jean-Louis Baillot : « Créer un magasin en ligne n'est pas notre priorité »
La rédaction - Le Grand Journal - bfm, le 26/09/2008
Alors qu’Ikea France a enregistré deux milliards de chiffre d’affaires, son directeur général évoque le ralentissement des achats de meubles et la position du groupe vis-à-vis d’Internet.
J.-L. Baillot, interviewé par F. Lundy dans le Grand Journal le 25 septembre 2008.
Jean-Louis Baillot, DG d'Ikea France.
Fabrice Lundy : Ikea avec 23 magasins est le numéro deux du marché du meuble en France. Jean-Louis Baillot, vous êtes le directeur général d’Ikea France, qui, cette année, a passé la barre symbolique des deux milliards d’euros de chiffre d’affaires. C’est important ? Jean-Louis Baillot : C’est important pour nous en tous les cas. C’est la démonstration que l’entreprise se porte bien, puisqu’en l’espace de quatre ans nous sommes passés de un à deux milliards.
Oui, vous avez doublé, mais en même temps, vous avez multiplié le nombre de points de vente pour atteindre 23 magasins. Il y a eu deux ouvertures l’an dernier et trois sont prévues. Finalement, on parle beaucoup de crise en ce moment, mais vous ne la connaissez pas ? C’est vrai que la crise est là, il ne faut pas l’ignorer. Mais en même temps, il y a encore beaucoup de possibilités de faire et de développer des affaires en France. Aujourd’hui, un Français consomme moitié moins qu’un Allemand ou qu’un Italien, en ce qui concerne sa maison. Donc crise il y a certes, mais je pense qu’il y a encore des tas de possibilités de développer le business.
Est-ce qu’il y a eu un certain nombre d’arbitrages ces dernières semaines, ces derniers mois, en rapport avec la crise ? Parce qu’évidemment qui dit Ikea dit immobilier, maisons, appartements ? Est-ce qu’il y a eu des reports d’équipements dans les logements des Français ? Je pense que ce que l’on ressent maintenant c’est un petit peu la cristallisation sur les transactions immobilières. C’est-à-dire que sur le marché de l’immobilier, les prix n’ont pas diminué mais le nombre de transactions a baissé. Donc le fait qu’il y ait moins de transactions immobilières a des conséquences sur les achats évidemment.
J’espère que ce sont simplement des reports mais on est dans une phase un peu plus ralentie que ce que l’on avait connu. Tout en reconnaissant que l’année dernière, en 2007, on avait eu une très forte progression du meuble, la plus forte historiquement depuis que l’on fait des statistiques.
En 2009, il y aura des travaux d’agrandissement, de remodelage de certains points de vente ainsi que l’ouverture de trois magasins à Tours, à Rennes et en Seine-Maritime. Les nouvelles dispositions sur l’ouverture des grandes surfaces vont entraîner quels changements pour vous ? Je pense, très fondamentalement, que ça devrait faciliter l’arrivée de nouveaux acteurs sur chaque marché. Je dis toujours qu’il faut qu’il y ait de la concurrence, parce que la concurrence ça a au moins une vertu, c’est de faire baisser les prix. Si on cherche à améliorer le pouvoir d’achat, des Français, c’est une bonne réponse.
Est-ce que vous allez développer des sites de ventes en ligne, un peu comme ce qu’a fait la Fnac avec fnac.com, qui devient vraiment un magasin à part entière ? Ikea est un peu en retrait pour l’instant ? Ce n’est pas notre priorité, dans la mesure où je pense que c’est dans les magasins que l’on montre vraiment notre expertise et notre savoir-faire. Ce que l’on souhaite c’est que les gens continuent à fréquenter l’enseigne.
En même temps, Internet est un formidable relais d’information, donc on l’utilise beaucoup. On a 47 millions de visiteurs dans les magasins et 40 millions de visiteurs sur Internet. C’est donc à peu près équivalent, mais ça ne remplacera pas la visite en magasin, ça l’accompagnera.
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