
Grégoire Favet : On a eu les résultats et stratégies de JCDecaux ce matin. Avec ce premier semestre qui reflète une accélération des dépenses de vos clients ?
Jean-Charles Decaux : Oui, on peut dire qu'il y a une vraie grosse accélération de la dépense de nos clients puisque nous avons enregistré un chiffre d'affaires en hausse de 20 % et une marge opérationnelle qui progresse de 48,2 %. Et globalement, toutes les régions du monde dans lesquelles nous opérons sont en forte progression.
Une reprise globale donc. On est dans un climat où les économistes sont assez anxiogènes pour nous et peut-être pour les chefs d'entreprise. Vous ne sentez aucun essoufflement nulle part, dans toutes les zones où vous êtes présent aujourd'hui ?
Je crois que la sortie de crise que nous traversons actuellement montre encore des signes d'attention toute particulière, notamment en Europe. On voit bien que même si toutes nos régions sont en croissance, l'Europe reste une région plus difficile que ne le sont les régions d'Asie-Pacifique, voire même du Royaume Uni ou de l'Amérique du Nord. Donc on sent bien que la zone Euro est encore convalescente et donc encore fragile.
En revanche, ce que l'on sent très nettement, c'est le rebond très fort en Asie-Pacifique, c'est assez net. Et on remarque également un rebond beaucoup plus marqué sur le Royaume-Uni, pour nous en tout cas, qui ne peut l'être dans le reste de l'Europe. Hormis la France, qui tire plutôt très bien son épingle du jeu dans la zone Euro.
Les difficultés de la zone Euro sont connues, évidentes. Sur l'Asie, on a des discours parfois un peu contradictoire, avec un petit ralentissement de la croissance. Est-ce que c'est de nature à vous inquiéter ou pas du tout ?
Sur le troisième trimestre, comme nous l'indiquons, nous ferons une performance égale au deuxième trimestre. C'est-à-dire une croissance supérieure à 11 %, une croissance qui reste donc très solide, à deux chiffres.
Je vous rappelle que nous sommes, dans la plupart des régions dans lesquelles nous opérons, au-dessus des niveaux de 2008, sauf pour la zone Europe, qui est encore légèrement en-dessous. On profite d'un élément très structurel et très structurant pour la communication extérieure : c'est que face à l'énorme fragmentation qui se rapproche et se développe dans le secteur des médias, on voit dans la communication extérieure aujourd'hui que tous nos segments sont en croissance. Une croissance à deux chiffres ou proche des deux chiffres.
Donc on sent bien aujourd'hui que globalement, il peut y avoir certes un certain nombre d'inquiétudes, notamment dans la zone Euro, voire un possible ralentissement en Chine que nous ne voyons pas à l'heure où nous parlons, sur le troisième trimestre.
Un des derniers points, c'est de dire que nous avons traversé une crise qui a été extrêmement soudaine, violente et s'est propagée à une vitesse sans précédent sur les marchés d'abord financiers puis industriels. Ce que l'on ressent aujourd'hui, c'est que pour ressortir de cette crise, on sent bien qu'il y a un certain nombre de choses qui ne sont pas encore réglées. Donc il faut rester malgré tout prudents. Mais la bonne nouvelle pour une société comme la nôtre, c'est que l'on voit bien qu'on bénéficie d'une volonté des industriels de reprendre la parole, de recommuniquer, et de reprendre des parts de marché. C'est essentiellement un effet volume, plus un effet prix, qui tire aujourd'hui notre chiffre d'affaires.
Donc on sent bien que l'ensemble de nos grands clients à travers le monde, et nous sommes présents sur 55 pays aujourd'hui sur la planète, sont en train de véritablement reprendre le chemin de la croissance, sur les investissements de communication et publicitaires.
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