
Dans le monde policé des hauts fonctionnaires "pantoufleurs", Frédéric Lemoine ferait presque figure de risque-tout : l'homme fait tout à l'envers.
Inspecteur des finances, il plaque les ors de la République pour aller diriger un hôpital au Vietnam, puis quitte l'Élysée, où il était secrétaire général adjoint, pour créer sa PME "pour essayer". Enfin, il enchaîne les postes d'administrateurs avant de devenir en 2009 patron exécutif de Wendel.
Frédéric Lemoine assume : "Je n'ai pas de problèmes avec le risque ; je crois qu'il faut savoir ce qu'on peut faire pour être utile". Le mélange des genres "public et privé" est son credo : "Ces mondes s'ignorent trop, leurs méthodes de travail sont trop différentes. Mais ils se rapprochent et tant mieux car l'État est un acteur important de l'économie et il n'y a pas de raison pour qu'il vive dans sa bulle", explique-t-il.
De retour de son échappée vietnamienne, Frédéric Lemoine rentre dans le rang et dans les cabinets ministériels. Celui de Jacques Barrot d'abord : un homme "qui sait quelle indemnité perçoit une infirmière à domicile pour une piqûre". Malgré ses colères dignes de la IIIème République, Frédéric Lemoine garde un souvenir ému de son passage à ses côtés aux affaires sociales. La déception viendra de ses successeurs qui ont "abandonné les réformes".
Parce qu'il n'est pas un politique et qu'il ne les envie pas, il délaisse les cabinets pour le privé. Chez Cap Gemini, il découvre Serge Kampf qui lui apprend "la gestion du cash et des collaborateurs".
2002 voit son retour aux affaires publiques, au secrétariat général de l'Élysée. Mais le "pantoufleur", se trouve "plus libéral que le barycentre politique de l'époque". Il ne s'attarde pas à l'Élysée.
Nouveau départ en 2004. Sans point de chute, Frédéric Lemoine décide sans complexe de monter sa propre entreprise. "On avait créé avec Renaud Dutreil la "société à une euro", j'ai voulu essayé", explique-t-il, un brin provocateur.
Il intègre les conseils d'administration jusqu'à présider celui du groupe nucléaire Areva avant de prendre son premier poste de patron exécutif au sein de la société d'investissement Wendel dans une période agitée pour la maison centenaire. Avec un moteur : "il fallait retrouver ce pour quoi Wendel était connu".


+0,4%
