[Good Morning Business]
Yvon Jacob : « Les entreprises subissant une concurrence internationale ne peuvent pas supporter les mêmes charges sociales que les autres »
La rédaction - Good Morning Business - Stéphane Soumier - bfm, le 05/03/2010
Le président du Groupe des fédérations industrielles réagit à la série de mesures annoncées par Nicolas Sarkozy pour redynamiser l’industrie française.
Yvon Jacob, président du GFI.
Grégoire Favet : Est-ce que vous avez le sentiment d’être écouté par les pouvoirs publics et au plus haut niveau de l’Etat aujourd’hui ?
Yvon Jacob : tout à fait, je crois que nous voyons avec plaisir, au moins dans l’affirmation très globale et très construite du Président de la République, l’aboutissement en quelques sortes de nos réflexions et de nos demandes d’actions ainsi que d’interventions depuis des années. Donc oui, nous sommes satisfaits de l’ensemble qui est proposé.
Dans les propositions que vous avez aujourd’hui sur la table, est-ce que vous avez l’impression que l’on traite l’industrie à sa juste valeur ?
On est en train, pour la première fois, de comprendre qu’il y a des mesures à prendre, à l’inverse de ce qui avait été fait précédemment, qu’il faut renverser les tendances, en particulier sur deux points que nous avons souligné avec insistance depuis fort longtemps, c'est-à-dire la perte de compétitivité de notre industrie, du fait de l’excès de charges fiscales ou sur le travail, qui nous submergent littéralement.
En ce qui concerne les charges fiscales, un premier effort a déjà été fait à travers la réforme de la taxe professionnelle. Mais là aujourd’hui, ce qui est tout à fait important, c’est pour la première fois, au plus haut niveau de l’Etat, on reconnaît que le secteur exposé à la concurrence internationale, ne peut pas supporter les mêmes niveaux de charges sociales que les autres secteurs de l’économie française.
Sur la taxe professionnelle, le bilan est réellement positif ? Je crois que c’est Carlos Ghosn qui disait ca l’autre jour, il disait « moi ca me permet d’économiser environ 250 euros par voiture. Mais il y a des taxes qui sont venues se rajouter et finalement je ne gagne que 50 euros, donc finalement quasiment rien »...
Le bilan complet n’est pas connu, puisque les dispositions sont récentes et qu’il va falloir maintenant que les entreprises refassent des calculs en interne. Il est vrai que certaines entreprises ont un bénéfice relativement mince parce que leur valeur ajoutée restait relativement importante, mais je peux vous citer des tas d’entreprises qui sont extrêmement satisfaites de la mesure.
Pour elles, c’est une vraie bouffée d’oxygène ?
Oui, une vraie bouffée d’oxygène que l’on évalue à peu près à deux milliards pour l’industrie, ce qui n’est quand même pas rien.
Quelles sont les mesures qui permettent de compenser ce coût unitaire du travail qui est trop élevé en France aujourd’hui, plus élevé qu’ailleurs en tout cas ?
Des mesures à proprement parlé il n’y en a pas encore. Ce qui est important c’est qu’il est annoncé que l’on va mettre en route et avec des objectifs dans le temps, des chantiers, on va les ouvrir et les faire fonctionner.
Le premier concerne ce dont je viens de parler, c'est-à-dire le problème des charges sociales. Nous avons demandé à ce qu’effectivement on réunisse les partenaires sociaux en France avec l’Etat, pour discuter de cette question et préparer les réformes qui s’imposent dans les délais les plus brefs.
La deuxième résolution très importante c’est ce qui a été demandé à Madame Lagarde, à savoir de préparer d’ici à très peu de temps, de nouveaux produits financiers qui permettent de diriger une partie importante de l’épargne française vers l’industrie, qui a besoin de cet argent-là pour investir et pour se développer.
Yvon Jacob, président du GFI.
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