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Nicolas Crespelle : « L’université Pierre et Marie Curie a besoin de 1,3 milliard »

La rédaction - Good Morning Business - Stéphane Soumier - bfm, le 15/12/2009
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L’administrateur de l’université Pierre et Marie Curie espère bien voir son établissement devenir l’un des dix pôles d’excellence qui recevront la manne du Grand Emprunt.
Nicolas Crespelle répond aux questions de Stéphane Soumier dans Good Morning Business, le 15 décembre 2009.
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Nicolas Crespelle, administrateur de l'université Pierre et Marie Curie. -  - Nicolas Crespelle, administrateur de l'université Pierre et Marie Curie.
Stéphane Soumier : vous êtes banquier conseil, conseil en stratégie et administrateur de l’université Pierre et Marie Curie...
Nicolas Crespelle : absolument.

Au juste, l’université Pierre et Marie Curie, c’est quoi ?
En gros, c’est Jussieu plus la Salpêtrière, plus tous les hôpitaux de l’est de Paris, plus les stations marines sur chacune des façades maritimes. C’est la plus grande université française.

En termes de quoi, d’étudiants ?
En termes d’étudiants, en termes de taille. C’est la plus grande université scientifique et c’est la première au classement de Shanghai des universités françaises.

Nicolas Sarkozy a lancé un véritable « concours de beauté ». Il va falloir démontrer que vous êtes capable… de quoi justement ? Est-ce que vous avez vu clairement sur quels critères est lancé ce « concours » ? Dix pôles d’excellence vont être désignés, je le rappelle, puisque Saclay, dans l’Essonne, est mis à part. Saclay aura de toute façon des dotations exceptionnelles. Derrière, est-ce que vous avez une idée des critères qui vont être mis en avant pour élire ces dix pôles d’excellence ?
Je ne sais pas si on a une idée des critères, mais on a une idée de nos besoins.

Ce n’est pas comme ca qu’il faut parler maintenant. C’est fini ça, c’est l’ancienne France. Les choses ont changé...
Non, on a une idée de nos besoins pour remplir des critères d’excellence, c'est-à-dire qu’il nous faut peu de choses. On est quarantième environ au classement de Shanghai, la première université française. En trois ans, on peut gagner vingt places. C’est la première chose.
La deuxième, c’est que l’on forme chaque année des dizaines de milliers d’étudiants. Et on ne va pas former 30 000 chercheurs de haut niveau, on ne va pas former 30 000 dirigeants. On forme aussi beaucoup de gens qui vont s’arrêter à la licence. Ceux-là aussi, il faut bien les former et on a besoin d’équipements pour ça.

Vous estimez que vous n’avez pas à démontrer vos compétences particulières, vis-à-vis de vos autorités de tutelle, pour obtenir ce fameux milliard d’euros en fond propres ? Le banquier que vous êtes doit savoir quoi faire de ce milliard d’euros.
Oui, absolument. On a des chercheurs exceptionnels et ce que l’on ne sait pas c’est que le périmètre d’une université ce n’est pas du tout comme une entreprise : une université c’est un poulpe, c’est un rhizome, c’est un réseau dirait-on aujourd’hui. C'est-à-dire que l’on a des chercheurs partout. L’essentiel des chercheurs de Polytechnique par exemple sont des professeurs de l’UPMC, on a des partenariats dans le monde entier.

La gouvernance est importante ? Est-ce que l’université est capable d’être suffisamment autonome pour mener elle-même ses projets de recherche et ses projets d’action ?
Absolument. En gros, la loi Pécresse, la loi LRU, a apporté cette modification pour qu’aujourd’hui il y ait un vrai exécutif et qu’il soit compétent à la tête des universités.

Un milliard d’euros, est-ce que ca suffit, puisque j’ai l’impression que vous ne doutez absolument pas que vous l’aurez, que vous serez l’un de ces dix pôles d’excellence ?
En fait non, on a besoin de 1,3 milliard pour être exact. On a fait hier soir un petit calcul pour évaluer effectivement ce qui était nécessaire.

C’est quand même dingue. On parle ensemble assez régulièrement parce que vous êtes essayiste et que vous avez un vrai regard sur l’actualité économique. Les finances publiques et leur déficit, sont aujourd’hui le problème clé qui doit tous nous obséder. Et lorsqu’on vous offre un milliard, vous dites que vous en voulez 1,3...
On dit qu’il y aura entre huit et dix pôles d’excellence et onze milliards de prévu. Compte tenu de notre taille et de notre emprise sur le domaine scientifique, je crois que l’on peut réclamer cette partie.

Cela veut dire que dix c’est presque trop alors ?
Non, je crois que c’est justement assez bien calculé.

Mais pas un milliard pour chaque pôle ?
Non, il y a nécessairement des ajustements.

Une fois que l’on a un milliard en pleine propriété, Nicolas Sarkozy a insisté là-dessus, qu’est-ce qu’on en fait, on le place ?
Il y a deux postes en gros. Il y a ce que l’on dépense immédiatement : on a besoin de 300 millions pour remettre notre immobilier à niveau. On n’a pas, notamment, de logements étudiants, alors qu’on a les endroits où les construire. Nous devons remettre d’équerre un certain nombre de bâtiments.
En fait c’est typiquement la République, c'est-à-dire que l’on a construit des bâtiments, on a passé une couche de peinture et après il n’y avait pas de budget d’entretien. Pendant des années cela s’est dégradé et on a besoin de remettre tout ça à niveau.

Avec 300 millions d’euros ?
Grosso modo c’est ça. On a besoin, par exemple, au niveau du regroupement des universités que nous faisons avec la Sorbonne et Assas, qui va s’appeler les Sorbonnes, de construire des équipements sportifs, on a les terrains pour ça. Donc cela fait un total de 300 millions d’euros.

Après qu’est-ce qu’on fait de l’argent ?
Ensuite, on a besoin d’un milliard placé pour produire chaque année entre 75 et 100 millions d’intérêt.

C’est du bon placement ça !
C’est de la bonne gestion.

Cela veut dire que vous le mettez en risque sur le marché ?
J’espère qu’on ne le met pas en risque, mais on le gère, professionnellement, avec les meilleurs experts de l’Asset Management et on essaie de faire que, comme dans le monde entier où les universités ont un patrimoine qu’elles placent, on ait un retour d’à peu près 11 % par an et on en remet un peu dans le fond pour compenser l’inflation.

Et votre crainte, c’est que le Trésor ne vous laisse pas faire ? C’est qu’il dise que vous ne savez pas gérer cet argent, que vous avez beau être banquier d’affaire, connaître les meilleurs asset managers de la planète, vous ne savez pas le gérer...
Oui, ce n’est pas que ma crainte, c’est plus que ça, c’est la position du Trésor. C'est-à-dire que l’argent de l’Etat doit être gérer par lui et comme l’Etat ne sait pas gérer, on va tout mettre en bons du Trésor à 4 % par an. Et là, le compte n’y est plus. La position du Trésor est contradictoire avec celle des ministres.

Pourtant vous avez entendu le Président de la République hier, « en pleine propriété », il a insisté, il s’est même arrêté pour le répéter…Vous en ferez ce que vous voudrez de cet argent...
Absolument, mais ça ne chatouille pas le Trésor. On peut avoir la propriété, mais c’est lui qui gère. Donc il y a une petite bagarre entre les universités et cet organisme. Je dirais que la position du Trésor s’explique par deux raisons : la première, c’est qu’effectivement il gère l’argent de l’Etat. Les gens qui ont choisi d’être au Trésor sont un peu des aristocrates de l’Etat et l’indépendance des universités, cela amuse la galerie. Mais en vérité, dès qu’on est sérieux, dès qu’il s’agit d’argent, c’est au Trésor de s’en charger.
La deuxième raison, c’est qu’effectivement c’est une raison de compétence, mais ils se trompent. Nous sommes en train de constituer des comités d’investissement avec les meilleurs gérants et les meilleurs patrons d’asset management, non seulement de France mais du monde. J’annoncerai dans quelques jours la liste de ceux qui participent à notre comité et, franchement, on sera écrasant de compétences.
Nicolas Crespelle, administrateur de l'université Pierre et Marie Curie. -
Crédit :
Nicolas Crespelle, administrateur de l'université Pierre et Marie Curie.



FORUM 4 avis
Nicolas Crespelle : « L’université Pierre et Marie Curie a besoin de 1,3 milliard »
il se moque de qui?
posté le 16/12/2009 06:36:44 par alexmex
competences
posté le 16/12/2009 16:06:46 par lutino
Nicolas Valdeyron
posté le 18/12/2009 10:29:19 par NValdeyron
pauvre de nous
posté le 16/12/2009 09:46:49 par traversieres
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