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Interview: Patrick de Fraguier - stratégiste de CAAM.

CercleFinance, le 09/10/09
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(CercleFinance.com) - Crédit Agricole Asset Management (CAAM), la société de gestion de Crédit Agricole, a modifié son allocation d'actifs pour se renforcer sur les actions. Patrick de Fraguier, responsable de la stratégie chez CAAM, explique que ' l'élaboration de la politique d'investissement s'appuie sur une combinaison de plusieurs moteurs, à la fois économiques et boursiers '. ' Un contexte macroéconomique plus favorable ' et des anticipations de ' rebond des profits des entreprises ' justifient notamment la nouvelle stratégie d'investissement de CAAM.


Depuis la rentrée, l'allocation d'actifs de CAAM a été modifiée au profit des actions, pourquoi ?

Auparavant, nous avions un biais défensif qui justifiait la sous-pondération des actions dans la composition de nos portefeuilles.
Puis, nous avons progressivement neutralisé ce biais défensif pour nous repositionner graduellement sur les classes d'actifs plus risquées (obligations privées et actions).

Le contexte macroéconomique plus favorable, et notamment des perspectives mondiales de croissance toujours orientées à la hausse depuis le point bas de la conjoncture et de la crise financière, justifie l'évolution de notre politique d'investissement. Nous tablons notamment sur une hausse de 0,6% du PIB en zone euro en 2010 après un repli de 4,3% en 2009 et sur un taux de croissance de 2,3% aux États-Unis en 2010 après à une baisse du PIB de 2,6%.

Au-delà du policy mix hyper accommodant, les facteurs techniques : la volatilité, les moyennes mobiles et les flux, témoignent d'une amélioration de la tendance et plaident donc en faveur d'une plus forte exposition aux classes d'actifs plus risquées.

En outre, le rebond des profits des entreprises est imminent, en raison notamment d'un effet de base favorable. La baisse des bénéfices par action prévue pour 2009 devrait être moins prononcée et une hausse de 25% des BPA en Europe, Asie et aux États-Unis est attendue pour 2010. Les anticipations de profits sont donc revues à la hausse. Par ailleurs, les valorisations sont en ligne avec les fondamentaux et en dessous de leur base historique. Selon nous, les multiples de long terme en Europe demeurent, en relatif, les plus attrayants.

Dans ce contexte, nous avons augmenté notre exposition aux actifs cycliques : en premier lieu à la dette privée (' investment grade ' et ' high yield ') puis désormais aux actions.


Quelles zones géographiques et quels secteurs privilégiez-vous ?

Nous privilégions, au sein des économies développées, les marchés de la zone euro et des pays émergents.

Pour ce qui est des secteurs, nous préférons les valeurs de la santé, de l'énergie et des télécoms. Ces secteurs ne sont pourtant pas les plus cycliques, mais leurs performances se sont avérées inférieures à la moyenne affichée par les actions depuis le début du rebond des marchés financiers. De plus, leur valorisation relative aux autres secteurs offre une certaine décote. Enfin, les dividendes offerts par ces secteurs sont plus élevés.

Nous privilégions également les grandes sociétés aux plus petites et les valeurs dites ' value ' plutôt que les valeurs ' de croissance '.

L'élaboration de notre politique d'investissement s'appuie donc sur une combinaison de plusieurs moteurs, à la fois économiques et boursiers, qui ne reposent pas nécessairement sur les mêmes critères (le cycle conjoncturel, les profits, la valorisation et les flux investisseurs).


Quels risques pourraient faire échec à votre scénario ?

Des chocs exogènes pourraient faire obstacle à la réalisation de nos anticipations et notamment une pandémie ou l'éclatement d'une bulle sur les matières premières.

La remise en cause du dollar en tant que valeur refuge constitue également un risque moyen terme, voire structurel.

Enfin et surtout, nous devons être vigilants aux différentes stratégies de sortie de crise et notamment une réaction anticipée de la part des banques centrales, suite à la publication de certains indicateurs économiques...
Propos recueillis par Mathilde Golla

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