Airbus: prévisions des bureaux d'analyse.
CercleFinance, le 28/09/09
(CercleFinance.com) - Dans une interview accordée au Figaro la semaine dernière, le directeur général d'Airbus, Fabrice Brégier, a indiqué qu'Airbus souhaite que le secteur aéronautique bénéficie du grand emprunt qui sera lancé en 2010 par le gouvernement français pour pouvoir développer les avions du futur.
Selon le patron de la filiale de European Aeronautic Defence & Space, les avions du futur doivent permettre à l'Europe de conserver son avance technologique et sa compétitivité.
Il estime qu'il 'faudrait mobiliser 800 millions à un milliard d'euros sur six ans en plus de ce que les industriels investissent déjà afin d'être prêt à l'horizon 2015 à lancer la nouvelle génération d'avions civils'. Cet argent irriguerait toute la filière, en particulier de nombreuses PME innovantes qui sont contraintes de couper leurs budgets de recherche en ces temps de crise, a confié Fabrice Brégier au Figaro.
Par ailleurs, il rappelle que le défi environnemental auquel Airbus et la filière devront faire face doit absolument être pris en compte : 'à l'horizon 2020, les avions en service devront en effet avoir réduit de moitié leurs émissions de CO2, de 80% celles d'oxyde d'azote et de 50% leurs nuisances sonores'.
Airbus pourrait réduire sa production dans les mois à venir
Le PDG d'Airbus, Thomas Enders, a déclaré au Wall Street Journal que la filiale du géant européen pourrait réduire sa production dans les mois à venir, malgré les signes d'une reprise du trafic aérien. Le groupe a en effet annoncé qu'il s'attendait à ce que 25.000 avions passagers et cargo soient livrés dans le monde sur la période 2009-2028 et qu'il anticipait une hausse de 4,6% du trafic aérien mondial de passagers en 2010.
Selon le patron d'Airbus, cette éventualité s'expliquerait par des détériorations des conditions financières des compagnies aériennes, ce qui pourrait freiner les commandes ou les retarder, et des conditions de crédit resserrées.
Déjà en octobre dernier, le groupe avait procédé à un repli de la production de 22%. Maintenant, le PDG 'n'exclut pas de nouvelles baisses de production'. Selon Tom Enders, 'nous avons encore deux années difficiles à passer', a rapporté le WSJ.
Des analystes changent d'opinion.
Natixis Securities change d'opinion sur EADS, passant de 'renforcer' à 'alléger' sur la valeur, tout en maintenant son objectif de cours à 14,5 euros. Le broker prend ainsi ses bénéfices, considérant les facteurs positifs du géant européen, comme les livraisons d'Airbus et la solution A400M, sont 'désormais bien intégrés'. Après un beau rebond du titre (hausse de 43% depuis mi-mai), et surperformant le CAC 40 de plus de 20% sur la période, la valorisation actuelle 'ne laisse pas de place au risque', comme celui lié au dollar (qui influe négativement sur le groupe lorsqu'il baisse) ou encore la grippe A.
Selon Natixis, le marché a intégré que les livraisons Airbus ne devraient pas s'effondrer, les prévisions ont été relevées (le consensus ressort à 483, 446 et 424 avions pour 2009, 2010 et 2011 vs 469, 428 et 389 à la mi-mai) et il serait déraisonnable, à ce stade, d'espérer mieux. L'intermédiaire a légèrement ajusté en hausse ses 2010 et 2011, avec un peu plus d'A320 (350 et 330 vs 340 et 310, au vu de l'absence de reports importants cet été), et un peu moins d'A380 (18 et 22 vs 22 et 30, pour tenir compte des décalages récemment annoncés par les clients).
Par ailleurs, les investisseurs semblent considérer que la sortie de crise est en vue sur l'A400M. 'Dans notre valorisation, nous incorporons, comme le marché, une charge de 2 milliards d'euros au titre de ce programme', précise le courtier.
En revanche, la faiblesse du dollar semble moins bien intégrée, aux yeux du bureau d'analyses. Le groupe a beau avoir pratiquement couvert tous ses besoins jusqu'en 2011, son taux moyen se dégrade (1,18 en 2008, 1,27 en 2009, puis 1,35 et 1,39). Pour rappel, une variation d'un centime de l'euro/dollar a un impact de 100 millions d'euros sur l'Ebit. De même pour les conséquences éventuelles de la grippe A qui pourraient entraîner une baisse du trafic et une perturbation de la production d'avions.
Par ailleurs, la visibilité sur le financement des livraisons reste courte, les banques ne s'engageant en général pas au-delà de quelques mois (rarement plus loin que début 2010).
Crédit Suisse a réaffirmé sa recommandation de ' sous-performer ' le titre EADS en portefeuille avec un objectif de cours de 11 euros. L'analyste estime que des risques continuent de peser sur la valeur. Ainsi, le spécialiste indique que de mauvaises nouvelles concernant le secteur de l'aéronautique civil pourrait peser sur le titre dès le 4e trimestre en raison de mauvaises perspectives sur les profits.
Par ailleurs, l'intermédiaire souligne que la direction d'EADS a indiqué que l'hiver à venir devrait être difficile, ainsi les compagnies aériennes devraient être réticentes à acheter de nouveaux appareils. Le spécialiste indique que Airbus et Boeing ont déjà essuyé une annulation de près de 111 commandes dont 20 pour Airbus. Crédit Suisse souligne également que la hausse des prix du pétrole peut pénaliser les compagnies aériennes et donc les avionneurs.
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