Tout le monde sait que l’on économise du carburant en roulant « moins fort », mais personne ne le fait. C’est un peu le constat de départ pour Nissan avec l’Ecopédale ?
Gregory Nève : Oui. Bien qu’il s’agisse avant tout d’avoir une voiture régulièrement entretenue, en vérifiant la pression des pneus ou en changeant le filtre à air notamment, notre comportement au volant peut également influer sur le niveau de consommation de carburant de la voiture.
Le comportement au volant dépend de la volonté du conducteur, donc là vous allez encore plus loin avec cette pédale spéciale...
En effet, l’Ecopédale est une première mondiale, qui a été conçue pour aider les conducteurs à adopter une conduite plus économique. Lorsque le système est activé, il détecte en permanence si la pression sur l’accélérateur est excessive ou non, en fonction de la vitesse, de l’accélération souhaitée et des conditions de circulation. Et si le mécanisme détecte une surconsommation, il va repousser légèrement la pédale d’accélérateur. Il applique une force de 20 % supérieure pour donner au conducteur l’impression que la pédale d’accélérateur est un peu plus dure et lui permettre ainsi de consommer le juste niveau de carburant en fonction de la vitesse souhaitée.
Donc c’est une résistance, mais pas au point de nous empêcher d’accélérer ? C’est simplement pour nous indiquer que l’on « écrase » peut-être un peu trop la pédale.
Non, naturellement pour des raisons de sécurité. Si l'on écrase la pédale d’accélérateur, le système va vite comprendre que l’on a besoin de la totalité de la puissance, et la voiture réagira en conséquence. Le système opère juste dans des conditions normales d’accélération, c'est-à-dire lorsque la pédale n’est pas enfoncée à fond, bien entendu. Cela applique une force plus ou moins importante pour dire simplement au conducteur que, pour rouler à une vitesse donnée, il n’est pas nécessaire d’accélérer plus fort.
Comme son nom l’indique, l’objectif principal de cette Ecopédale est avant tout écologique, et non pas la limitation de la vitesse...
Absolument. L’objectif est clairement d’aider les conducteurs à adopter une « écoconduite » : il consiste à dire au conducteur, lorsqu’il est au volant, s’il a ou pas un comportement responsable vis-à-vis des ressources de la nature. On l’invite donc à accélérer un peu moins fort. Des études et des tests ont montré qu’en fonction du style de conduite, on pouvait arriver à des économies de carburant atteignant 5 à 10 %.
Cette Ecopédale est-elle déjà proposée en série sur tous les modèles Nissan ? L’avez-vous testée sur un marché en particulier ? Le marché japonais, peut-être ?
Actuellement nous venons de terminer la phase de tests. Nous allons commencer la commercialisation de cette Ecopédale sur des produits japonais dans un premier temps, à partir de 2009.
Le limitateur de vitesse est devenu maintenant très courant. Vous pensez donc qu’aujourd’hui les conducteurs sont prêts à accepter ce genre de gadget qui permet de modifier leur comportement ?
Cela n’a absolument rien à voir avec un limitateur, car il est évident que moins on roule vite et moins on consomme. Là, il s’agit de dire que, pour rouler à une vitesse donnée, il est inutile d’accélérer de manière trop importante, et que ne pas le faire permet de consommer moins d’essence.
Les Japonais aiment bien ce genre de gadget ?
Les Japonais sont très demandeurs de tout ce qui touche à la
haute technologie. Au Japon, nous proposons par exemple une voiture, la Fuga,
qui est équipée d’un comparateur de consommations permettant à l’ensemble des
conducteurs de ce modèle de se situer dans un classement. Ils ont ainsi la
possibilité de savoir s’ils font partie des conducteurs qui consomment le plus,
ou le moins, avec leur Fuga. Cela permet également de les rendre plus
responsables.



