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T. Reynaud (Iliad) : « Nous pouvons révolutionner le marché du mobile »

La rédaction - Good Morning Business - bfm, le 14/08/2008
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Interrogé par Grégoire Favet, Thomas Reynaud, directeur financier d’Iliad, revient sur l'acquisition d'Alice et les projets du groupe dans le mobile et la fibre optique.
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Grégoire Favet : Avec un chiffre d'affaires semestriel de 692 millions d'euros et 93 000 abonnés au haut-débit au deuxième trimestre, ces résultats sont-ils en ligne avec vos attentes ?
Thomas Reynaud :
Oui, le premier semestre a été un semestre record pour le groupe Iliad, avec une croissance organique soutenue (+22%), l'activité ne s'est jamais aussi bien portée, nous gagnons des parts de marché sur nos concurrents et nos abonnés utilisent de plus en plus nos services à valeur ajoutée (comme la vidéo à la demande). Nous sommes aujourd'hui bien plus qu'un fournisseur d'accès à Internet, le « triple play » est devenu une réalité économique : grâce à la Freebox, nos abonnés accèdent à Internet mais aussi au téléphone illimité et à la télévision.

Vous redevenez le deuxième fournisseur d'accès à Internet, derrière Orange et devant SRF, Neuf-Cegetel. Cette croissance externe a-t-elle du bon finalement ?
La croissance externe ne se reflète pas encore dans nos chiffres, car nous serons totalement propriétaires d'Alice d'ici la fin septembre.
Aujourd'hui, notre modèle est un modèle purement de croissance organique ce qui explique les chiffres (+22% au premier semestre), mais il est vrai qu'à partir du quatrième trimestre, nous commencerons à consolider Alice. C'est une opération importante qui va permettre de passer de 20% à 26% de parts de marché, d'avoir quatre millions d'abonnés en fin d'année et surtout d'amortir nos investissements, notamment dans la fibre optique, de manière beaucoup plus facile.

Alice est votre plus grosse acquisition, comment va se passer l'intégration ? Vous parlez de synergie en matière d'investissements réseaux et de marketing, notamment chez Free ?
Oui, il existe une très forte complémentarité entre Alice et Free, il va y avoir un certain nombre de synergies. Synergie de revenu : les abonnés d'Alice vont avoir accès à plusieurs services de Free, ce qui va permettre d'améliorer le revenu moyen par abonné. Synergie de coût importante, sur la complémentarité des deux réseaux, de même que sur la synergie de la politique de marketing. C'est une opération stratégique et financière.

Faut-il beaucoup plus d'efforts aujourd'hui pour augmenter son nombre d'abonnés, pour gagner des parts de marché avec l'ADSL? L'acquisition d'Alice vous permet de retrouver un statut de n°2, mais il y a des offres promotionnelles très importantes.
Le marché ralentit depuis quelques trimestres. Même si nous annonçons une croissance organique qu'un certain nombre de secteurs nous envient, nous allons chercher les abonnés, avant tout avec la qualité de notre offre. C'est ce sur quoi nous nous focalisons au quotidien : améliorer et enrichir cette qualité. Plusieurs étapes importantes au premier semestre, nous avons multiplié les contenus en qualité HD (haute définition), nous avons amélioré les côtés techniques de notre offre en passant à la nouvelle génération de Wi-Fi : c'est un combat de tout les jours.

Etant le directeur financier, les investissements futurs de Free vont passer par vous. Il y a deux fronts ouverts par Free aujourd'hui : le mobile et la fibre optique. Et le déploiement massif de cette dernièree va commencer dès la rentrée, nous promettent les FAI …
Pour la fibre optique, notre plan d'investissement est d'un milliard d'euros et il s'inscrit sur une période de cinq ans, cela va permettre de déployer un réseau couvrant environ quatre millions de foyers. Cet investissement est intégralement autofinancé par les profits obtenus grâce à l'ADSL.
En ce qui concerne le mobile, nous sommes en attente de réponse. Je peux seulement vous dire qu'il y a toujours un candidat à la quatrième licence UMTS. Le mobile en France est un marché de 20 milliards d'euros, répartis entre trois acteurs, sans aucune concurrence et avec des politiques d'innovation très faibles.
Notre positionnement sur l'ADSL, le nombre de nos abonnés (un peu plus de trois millions presque quatre millions avec Alice) ainsi que de notre politique d'innovation, nous donnent la possibilité de venir nous imposer sur ce marché et de complètement le révolutionner, comme nous l'avons fait sur le marché de l'ADSL.

Donc d'après ce que vous dites, Free devrait entreprendre sur le marché du mobile ?
C'est un axe de développement à mettre en œuvre, mais c'est avant tout une décision politique, car nous attendons la décision depuis 18 mois sur l'attribution de cette quatrième licence.

La clé d'entrée sur le marché du mobile, pour vous, c'est cette licence. Le Wimax en fait-il partie ?
La quatrième licence UMTS est la voie royale pour arriver sur le marché du mobile. Le Wimax est une technologie présentant un certain nombre d'intérêts très prometteurs, mais c'est encore un peu trop tôt pour qu'elle soit déployée à grande échelle et avec compétitivité.

Le Wimax, c'est pour la transmission de données (dont la voix) vers un terminal mobile à très haut débit. Donc, ce serait aussi une clé d'entrée sur le marché du mobile.
Oui, mais aujourd'hui la technologie Wimax, déployée par les manufacturiers télécoms, n'est pas encore suffisamment mûre. Nous assistons à un développement d'un écosystème aux Etats-Unis autour de cette technologie avec un certain nombre d'acteurs qui essaient de la faire émerger.
En Europe, nous n'en sommes pas encore à ce stade-là, nous allons dans la bonne direction, mais il va falloir attendre encore quelques années. En revanche, la quatrième licence permettrait à un nouvel acteur de venir s'imposer directement sur le marché du mobile.


Pour en revenir à la fibre optique, la régulation des autorités sera également un élément clé. L'Arcep demande à France Télécom de revoir son offre pour permettre à des opérateurs, tels que vous, d'accéder aux fourreaux (coût principal du développement de la fibre). Attendez-vous beaucoup de cette nouvelle offre de France Télécom ? L'enjeu réglementaire est extrêmement important sur la fibre. La France a la chance d'être parmi les pays en tête sur l'ADSL, il ne faudrait surtout pas qu'elle prenne du retard sur la fibre optique à cause d'une règlementation inadaptée.
Un accès, dans des conditions viables d'un point de vue commercial, technique et pratique a été demandé à France Télécom, ce sont des enjeux importants, notamment pour l'aménagement du territoire et pour l'attractivité de la France.

L'objectif de l'Arcep est-il de « mutualiser » ces investissements ? Je crois que l'objectif de l'Arcep est de faire en sorte que la France soit en tête, comme pour l'ADSL, en terme d'investissements en fibre optique.

Avec la fibre optique Free va devenir un véritable opérateur réseau. Ce sera une vraie transformation pour le groupe. Nous sommes déjà un opérateur réseau, nous avons 330 000 kilomètres de fibre optique à travers toute la France et des répartiteurs réseaux. Un opérateur ne propose pas, à plus de trois millions d'abonnés en France, les meilleurs services ADSL sans avoir son propre réseau de télécommunications.
La fibre va nous permettre d'augmenter encore plus nos débits (passer d'un niveau moyen de 20 mégabits à plus de 100 mégabits), d’avoir de nouveaux outils qui se développeront et de regarder la télévision en HD sur plusieurs postes dans chaque foyer. Ce sera une amélioration de notre réseau.
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Crédit :



FORUM 1 avis
T. Reynaud (Iliad) : « Nous pouvons révolutionner le marché du mobile »
acquisition egale concentration
posté le 16/08/2008 02:44:26 par rastayacine
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