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Maxime Lombardini : « Avec la 4e licence mobile, on peut espérer sept à huit millions de clients »

La rédaction - Good Morning Business - bfm, le 05/02/2009
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Le directeur général d'Iliad évoque l'acquisition d'une partie de la quatrième licence mobile et les projets de son groupe.
Maxime Lombardini, interrogé par Stéphane Soumier dans Good Morning Business, le 5 février 2009.
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Maxime Lombardini, directeur général d'Iliad. -  - Maxime Lombardini, directeur général d'Iliad.
Stéphane Soumier : On a un chiffre qui circule, sans surprise d'ailleurs : à peu près 210 millions d'euros pour un bout de la quatrième licence mobile. Un tiers de la licence, c'est ça ?
Maxime Lombardini :
C'est ça.

Ca vous semble un bon prix ?
C'est une règle de trois. C'était 620 pour quinze, ce serait 200 ou 210 pour cinq, ça me paraît raisonnable.

Quelle est la procédure ? C'est mis aux enchères ? Il y a un appel d'offres ? Comment cela se passe ?
Il y a un appel à candidature et je ne crois pas qu'il y ait d'enchères, même si on ne connait pas encore tout à fait l'ensemble de la procédure. Il y a des critères d'évaluation, la couverture du territoire bien sûr, l'ouverture à la concurrence, c'est-à-dire les conditions que l'on fait pour accueillir par exemple des opérateurs virtuels, et enfin le prix.

Qu'est ce qu'on fait avec 5 mégahertz par rapport à 15 ?
C'est un réseau qui est national, on n'imagine pas faire un réseau mobile seulement sur des grandes villes ou sur une partie seulement de l'Hexagone. Simplement, quand on a 5 mégahertz plutôt que 10 ou 15, on peut mettre moins d'abonnés dessus. C'est la seule différence.

C'est là que vient la question autour du modèle économique, c'est-à-dire que vous promettez de tailler dans les factures. L’objectif est de 1000 euros d'économie par mois par foyer français moyen, c'est l'idée ?
Pas par mois, par an. Sur les abonnés qui auraient un forfait et un foyer de trois personnes. On est donc sur des montants significatifs. Ça représente un peu moins qu'une division par deux de la facture.

Il faudrait un milliard et demi d'investissements à peu près pour monter le réseau ?
Oui, avec la licence et le reste, c'est l'ordre d'idées, entre un milliard deux, un milliard trois et un milliard cinq.

Une base clients de deux ou trois millions de clients ? Vous ne pourrez pas en avoir beaucoup plus sur votre fréquence de 5 mégahertz.
Si on peut mettre plus. Les 5 mégahertz sont accompagnés d'une deuxième bande de fréquences de 5 mégahertz, qui est associée à la première. C'est-à-dire que celui qui obtient 5 mégahertz a mécaniquement, dans une autre bande de fréquences, 5 mégahertz supplémentaires. On parle donc de 10 mégahertz.

Ca veut dire combien de millions de clients ?
Ca veut dire plus de sept ou huit millions de clients potentiels.

Des techniciens nous disent que ce n'est pas possible. C'est-à-dire que vos calculs de sept ou huit millions de clients potentiels sur cette fréquence, on nous dit que ça ne rentre pas. Si jamais ils appellent les uns derrière les autres d'accord, mais s'ils se mettent à appeler tous en même temps, ce qui est quand même souvent le cas dans les télécoms, ça ne rentre pas...
J'ai comme l'intuition que les techniciens dont vous parlez sont ceux de nos concurrents. J'ai juste une petite information à vous donner : en Allemagne et en Angleterre ça fonctionne. D'autre part, il y a deux autres lots qui vont être mis sur le marché un peu plus tard et rien ne nous empêche d'être candidat.

Mais à ce moment-là il fallait tout acheter d'un coup ?
Le cadre de l’appel à candidature, ce n'est pas nous qui le faisons, c'est le Gouvernement et le régulateur des télécoms. Après, on joue avec les règles qui ont été établies.

« Faites-nous confiance sur le business model », voilà ce que disent Iliad et Free. Pour vous, c'est solide, il y a vraiment la possibilité aujourd'hui d'aller gagner sept ou huit millions de clients dans un marché que l'on juge déjà très mature ?
En 2000, tout le monde disait qu'on n'y arriverait jamais, que 30 euros pour du triple play et pour de l'ADSL, ce n'était pas possible partout ailleurs cela vaut 40, 50, 70 euros. L'opérateur historique en était encore au Minitel... Aujourd'hui, il y a 17 millions d'abonnés à l'ADSL en France, autour de 30 euros, et c'est grâce à Free.
Donc faites-nous confiance pour faire la même chose dans le mobile. Les actionnaires de la société seront assez largement les fondateurs, donc ils ne sont pas suicidaires, et le business model, on est très confiant dessus.

Un milliard et demi d'investissements pour monter le réseau, en combien de temps ?
On a probablement besoin de quatre ou cinq ans pour faire une couverture nationale, c'est ce qui est généralement prévu, mais la licence prévoit ce que l'on appelle un accord d'itinérance. Cela vous permet, quand vous avez fait une première petite partie de la couverture, probablement surtout sur les zones rurales qui sont les plus faciles à couvrir, d'accéder en itinérance aux réseaux des opérateurs existants, pour vous donner le temps de construire le reste du réseau et d'améliorer la couverture du territoire.

Un milliard et demi d'investissements sur le réseau. Vous avez toujours des ambitions dans la fibre optique, et là aussi, il y avait un plan d'investissements qui tournait autour du milliard ?
Oui. Simplement, ce sont des modalités assez différentes. Un réseau mobile, vous devez dépenser un milliard avant de l'ouvrir, alors que la fibre optique, c'est jour après jour que l'on remplace des loyers que l'on paie à l'opérateur historique pour utiliser son réseau, par des actifs qui nous appartiennent. C'est un peu comme passer du statut de locataire à celui de propriétaire.

Vous avez l'air suffisamment solide. Le groupe ne va pas rentrer dans une spirale d'endettement qui pourrait être quand même compliqué à gérer dans les mois et les années qui viennent ?
On fait ça de manière très raisonnable et d'ailleurs les banques nous aident à le faire. Elles ne prêtent pas dans des conditions délirantes, donc on reste avec un bilan très solide. On finance largement notre croissance et nos investissements.
On peut faire tout ça parce qu'il y a un véritable hold-up sur le marché du mobile. Vous avez vu la décision de la cour d'appel sur l'iPhone, je vous renvoie juste vers les marges qui sont réalisées par l'opérateur qui le commercialisait jusque là, c'est scandaleux.

140 millions d'euros sur cinq mois c'est ça ?
C'est ça, sur 400 000 abonnés, c'est scandaleux.
C'est le prix de l'innovation d'une certaine manière ?
Je pense que c'est le prix du monopole surtout.

On va passer au 07 et vous avez visiblement insisté auprès de l’Arcep pour garder quelques numéros en 06 ?
Exactement, on a insisté, mais on n'a pas eu beaucoup à le faire, parce que le régulateur, qui est plein de bon sens, y avait pensé avant nous. Il ne faut pas qu'un quatrième opérateur soit identifié 07. Ca pourrait laisser penser que c'est le moins sûr. C'est important.
En France, le mobile est marqué 06, on n'a pas besoin d'avoir un élément de complexité supplémentaire. Je crois qu'il faut des numéros 06 qui soient réservés au nouvel opérateur.

C'est le signe que vous pensez vraiment à tout dans cette histoire ?
L'oligopole nous met tellement de bâtons dans les roues et continue d'argumenter sur tous les thèmes possibles, la couverture du territoire, la santé, la finance, tout le reste, il y a un tel lobbying qui est fait pour qu'il n'y ait pas de nouvel opérateur, que c'est important de penser à tout, sinon vous êtes mort d'avance.

Un concurrent qui viendrait de l'étranger ?
Non, je ne pense pas.

Les premiers abonnements Free dans le mobile dans combien de temps ?
On ne part pas dans cette idée là. Je pense que la compétition commence aujourd'hui, donc les règles sont en train d'être établies.

Numéricable a dit qu'il ne viendrait pas, le premier des opérateurs mobile virtuels, en l'occurrence Virgin, a dit qu'il ne viendrait pas non plus parce qu'il pense qu'il n'y a pas de modèle économique...
D'abord, on doit faire un dossier qui soit crédible, puisque le régulateur n'a pas d'obligation de choisir un quatrième opérateur. Il faut donc un dossier solide et crédible, notre travail est de le réussir. Et après, on ne sait jamais ce qui peut se passer.
Je crois que nos principaux ennemis et concurrents sont déjà sur le marché et ils font tout pour que l'on n'existe pas. C'est contre ça que l'on doit se battre.

Si tout va bien dans votre business plan, dans votre planification, dans combien de temps les premiers abonnements Free sur le mobile ?
Dans l'hypothèse la plus optimiste, on dit fin 2010, et plus probablement, je pense, en 2011.
Maxime Lombardini, directeur général d'Iliad. -
Crédit :
Maxime Lombardini, directeur général d'Iliad.



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