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Patrick Devedjian : « Les préfets de région vont sélectionner des projets utiles qui peuvent démarrer »

La rédaction - Good Morning Business - bfm, le 16/12/2008
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Le ministre de la Relance parle de son travail et des mesures à prendre d’urgence.
Patrick Devedjian interrogé par Stéphane Soumier, dans Good Morning Business.
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Patrick Devedjian, ministre de la Relance. -  - Patrick Devedjian, ministre de la Relance.

Stéphane Soumier : Vous vous faites au titre de ministre de la Relance ?
Patrick Devedjian : Oui, enfin ça correspond aussi à l’attente de notre pays. Je ne suis pas là pour me faire plaisir.

Mais quand on a été très libéral, ministre de la Relance ça a un côté très incantatoire, très surprenant ?
Je n’ai jamais pensé que l’Etat devait être inerte face à l’économie. L’Etat a le droit d’être stratège, il a le droit d’être comme un entrepreneur. Je suis libéral parce que je crois à la liberté, mais la liberté n’est pas du tout le laisser-faire. Ce qui s’est passé aux Etats-Unis d’ailleurs et qui a généré la crise, c’était du laisser-faire. La jungle n’est pas la liberté.

Cela donne l’impression que la relance se décrète...
Non, la relance ça ne se décrète pas. Mais la crise de 1929, comme le savent tous les étudiants en économie, va quand même nous donner quelques enseignements. Au moment de la crise de 1929, tout le monde vous explique que la grande erreur a été de restreindre les crédits et de verrouiller l’économie, ce qui a aggravé la crise.
Aujourd’hui, toutes les économies des pays développés savent qu’il faut faire le contraire. Donc le plan de relance se situe dans cette leçon de la crise de 1929. On a tous été étudiants et on a tous tiré des leçons.

Vous vous êtes replongé dans vos bouquins ?
Absolument. J’ai relu Keynes, bien sûr. Ce qui est recherché, c’est l’effet massif et l’effet rapide. On va essayer de dépenser pour 75% dès 2009, la dernière partie en 2010, et on va essayer en même temps, d’avoir un effet multiplicateur, c’est-à-dire que chaque fois que l’Etat dépense un euro, cela entraîne un investissement trois fois supérieur.

Venu du secteur privé alors ?
Venu du secteur privé, venu des collectivités locales. Par exemple, 75% de l’investissement public vient des collectivités locales, donc elles ont un rôle formidable à jouer. En plus, elles ont des projets d’infrastructures qui sont souvent prêts dans leur carton. Il faut choisir judicieusement.

Vous allez bientôt quitter ce studio et je voudrais savoir ce que vous allez faire concrètement ? Comment est-ce qu’on met en œuvre la relance ? Qu’est-ce que vous faites un lundi matin aux alentours de huit heures ?
Lundi matin à huit heures, j’ai une réunion de mon cabinet avec les différents acteurs spécialisés dans chaque secteur de la relance : les infrastructures, l’équipement, le logement, l’automobile, le bâtiment… Les ministères ont eux-mêmes fait des propositions d’actions, ils ont sélectionné un certain nombre de projets.
La relance concerne tous les Français et le chômage aussi. Il ne faut pas s’amuser, il faut être honnête. Donc les préfets de région vont être le relais de tout ça, en sélectionnant des projets qui seront utiles et qui peuvent démarrer. Il faut être utile, il ne s’agit pas non plus de dépenser de l’argent pour le plaisir.

Un secteur privilégié ?
Ca peut aller vite dans le domaine de l’infrastructure, où il y a des projets qui ne demandaient que d’avoir de l’argent pour démarrer. Ils vont améliorer l’attractivité de notre territoire, notre compétitivité. Il y a le BTP, le logement et les travaux publics qui sont évidemment pourvoyeurs pour beaucoup d’emplois.

Justement, les promoteurs disent que c’est très long. Le patron du conseil général des Hauts-de-Seine sait très bien que le foncier, il faut le définir, le logement social il faut savoir où on l’installe, il faut modifier les plans...
Ils ont raison. C’est pour cela d’ailleurs que l’on va aussi faire une loi -le projet de loi est en préparation- de simplification des mesures administratives, de simplification des procédures d’appel d’offres et des seuils d’appel d’offres, donc on pourra procéder à l’adjudication sans formalité d’un certain nombre de marchés.

Y compris le logement social ?
Surtout dans le logement social bien sûr. Par exemple, les permis de construire qui normalement sont valides deux ans, le seront trois ans. On leur donne un délai supplémentaire de validité.

Le problème principal qu’a l’industrie notamment, c’est la trésorerie ?
Vous avez raison.

Premier point, accélération visiblement des remboursements de TVA. Est-ce que l’Administration va aller vite sur ces procédures ?
Bien sûr, c’est un de nos soucis. Je prends les moyens pour cela, c’est d’ailleurs pour ça que je m’entoure d’une équipe qui est issue des circuits de financement de notre Administration et qui sait donc où ça grippe.
Par exemple, je vais me faire adresser la liste des administrations qui paient de gros intérêts moratoires. Vous savez que la loi prévoit que si vous ne payez pas dans les délais, vous avez des intérêts moratoires à payer. Ceux qui paient de gros intérêts moratoires, ça prouve qu’ils ont des pratiques administratives qui font qu’ils paient tard. On va donc mettre la loupe sur eux pour qu’ils paient vite.

Tous les moyens sont bons pour faire payer vite aujourd’hui ?
Oui, bien sûr. Les trésoriers payeurs généraux, la Banque de France, les préfets de région, l’administration du Budget. Eric Woerth va jouer un rôle important.

Est-ce qu’il ne faut pas aller plus loin là-dessus ? Yvon Jacob, patron du groupement des fédérations d’industriels, par exemple demande un moratoire sur les charges sociales pour les six premiers mois de l’année...
Ce que je veux, c’est créer de l’emploi. Et ce qui crée le plus d’emploi, ce sont les petites entreprises et les PME.

Le but c’est de ne pas en détruire avant d’en créer...
Bien sûr, on sait qu’il faut leur donner du travail. Pour ne pas détruire de l’emploi, il faut vraiment avoir des marchés. C’est-ce que l’on fait, il y a quatre milliards d’euros pour les infrastructures par le budget de l’Etat, quatre milliards par les entreprises nationales, donc on est à huit, plus les projets des collectivités locales avec le raccourcissement du délai de TVA qui donne deux milliards et demi, donc tout ça, cela fait quand même beaucoup d’argent et beaucoup de chantiers qui peuvent démarrer.

Donc pas de moratoire ?
Moi je veux que l’on embauche, parce qu’il y a quand même 45 000 chômeurs. Les TPE, les très petites entreprises, sont celles qui sont le plus aptes à embaucher rapidement, donc exonération totale des charges patronales pour toute embauche dans l’année 2009, quand elles ont moins de dix employés.

Est-ce que vous êtes en quête d’un symbole ? Il faudrait que la relance, l’efficacité de la relance s’incarne quelque part assez vite quand même ?
On dit que « quand le bâtiment va tout va », j’y crois quand même. Donc il faut relancer le bâtiment, d’abord parce qu’il y a un besoin de logements qui est demandé par les Français, logement social en particulier. On a tous les instruments pour ça. Nous allons mettre 200 millions sur la rénovation urbaine, nous avons un programme de 100 000 logements, 30 000 logements sociaux, et bien d’autres mesures encore.

Le symbole c’est les grues ?
Voila, le symbole ce sont les grues. Je voudrais voir pousser les grues.

Patrick Devedjian, ministre de la Relance. -
Crédit :
Patrick Devedjian, ministre de la Relance.



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Patrick Devedjian : « Les préfets de région vont sélectionner des projets utiles qui peuvent démarrer »
Créer des emplois
posté le 18/12/2008 00:24:32 par Abramowicz
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