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[Le 12-15]

Bruno Le Roux : «Personne au PS ne gagnera la présidentielle sur un champ de ruines»

La rédaction - Le 12-15 - bfm, le 27/11/2008
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Pour le secrétaire national du Parti socialiste chargé des élections, le conseil national, qui a attribué la victoire à Martine Aubry, a permis de préserver l'unité du parti. Selon lui, la priorité est désormais à la constitution d'un programme plutôt qu'à la désignation du candidat à la présidentielle.
Bruno Le Roux, interviewé le 26 novembre 2008 par Hedwige Chevrillon
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Hedwige Chevrillon: Comment vous sentez-vous ce matin?
Bruno Leroux: Soulagé que nous ayons pu trouver, hier, au conseil national, une solution qui permet, je l’espère, de rassembler le parti, en tout cas de faire en sorte que nous puissions maintenant passer au travail d’opposition, de construction, de préparation des prochaines élections.

Ça veut dire que, alors qu’un journal titrait «Pourquoi tant de haine?», tout est enterré? Pourquoi Ségolène Royal dit-elle qu’elle «continue plus que jamais, car 2012 c’est demain»?
Il y a des logiques politiques qui peuvent être liées aux uns et aux autres. Ce que je vois, c’est que nous avons réussi hier soir, dans une situation qui était difficile, avec une tension qui était montée dans les heures précédentes, à faire en sorte que l’outil qui est notre outil commun, le Parti socialiste, qui est d’ailleurs plus que nos personnalités, ce sur quoi les Français s’appuient, ce qu’ils regardent, a été préservé.

Vous pensez que l’outil a été vraiment préservé? Ce n’est pas un peu de langue de bois?
Non, moi je ne la manie pas, mais en même temps, ce conseil aurait pu se passer de tellement d’autres façons, il aurait pu être l’explosion, et c’est la responsabilité qui l’a emporté. Je ne vais pas vous cacher qu’un certain nombre de ceux qui étaient dans la salle étaient un peu groggy après ce qu’ils avaient entendu dans les jours qui précédaient, et il y avait une espèce de peur, qui a amené à la responsabilité.
La responsabilité fait aussi partie des composantes et ce n’est pas faire de la langue de bois que de dire que dans la salle, nous avions peur quant à l’avenir de notre parti, de l’outil dont nous nous servons en matière de transformation. De ce point de vue-là, oui, j’étais soulagé.

Est-ce que vous dites, quelque part, «merci Ségolène Royal», même si certains de ses lieutenants, comme Manuel Valls, restent sur une position assez dure, puisqu’ils n’excluent toujours pas d’avoir recours à une action en justice?
J’ai participé à tous les travaux de cette commission, j’ai instruit un certain nombre de contentieux, nous avons réussi à garder tout le monde dans la commission jusqu’au bout pour les examiner un par un et pour bien valider le vote, et un vote qui aurait très certainement pu être remis en cause si on avait cherché des éléments. Mais la justesse me conduit à dire aujourd’hui que Martine Aubry arrivait en tête quand on regarde la façon dont on analyse les votes à chaque fois dans ce type de commission. De ce point de vue-là, je souhaite que l’on arrête avec les éléments juridiques.
Pour le reste, sur le fait que Ségolène pense qu’elle a des éléments à faire valoir dans le futur, qu’elle incarnait des éléments politiques différents, une ligne différente, une conception différente, le parti doit permettre à ces débats de continuer à vivre, mais dans un cadre apaisé et qui fasse qu’il y ait une direction, et à côté de cette direction, des camarades qui peuvent apporter des idées quand ils sont en désaccord. Ségolène a d’ailleurs dit qu’elle ne s’en priverait pas, et ce n’est pas un vrai problème.

Quel enseignement tirez-vous sur le plan du déroulement des élections, puisque vous êtes chargé de cela? Est-ce qu’il faut changer le mode de scrutin? Martine Aubry gagnait d'abord avec 42 voix d’avance, après il n’y avait plus que quatre voix, et maintenant il y en a un peu plus d’une centaine... Ça fait un peu bizarre, non?
Dans tous les scrutins, il peut y avoir des contestations sur la façon dont le vote s’est passé, sur le corps électoral lui-même. Cela veut dire qu’il faut aller plus loin. Nous avons mis en place un nouveau fichier qui permet, par rapport à ce qui se passait il y a quelques années, d’avoir des listes électorales plus claires.

Mais reconnaissez que ce n’est pas encore assez clair...
Je reconnais, puisque cela permet des contestations. Il faut donc aller encore plus loin. Je souhaite que Martine puisse ouvrir un chantier à côté de celui qui va être le travail normal du Parti socialiste sur l’opposition et sur la construction, un chantier interne visant à rendre irréprochables les procédures. Le seul parti qui se livre à des exercices de démocratie sous l’opinion publique, c’est bien le Parti socialiste. De ce point de vue-là, ne faisons pas de ce qui est un atout aujourd’hui une faiblesse, et pour que ce n’en soit pas une, il faut aller au bout du renforcement de toutes les procédures de transparence.

Il y a encore deux grands enjeux à court terme, ce sont la désignation du bureau du Parti socialiste et ensuite le mode de désignation du candidat à la présidentielle. Ségolène Royal veut clairement en modifier les règles...
C’est dans trois ans, on s’est dit que l’on allait travailler. Je fais partie de ceux qui pensent que nous ne gagnerons l’élection présidentielle que si nous réussissons à nous extraire de ce débat et à travailler dans les trois prochaines années.
Il n'y aura pas d'homme ni de femme providentielle au Parti socialiste qui viendra gagner l’élection sur un champ de ruines ou sur une absence de débat. Il ne pourra y avoir qu’une conjonction entre le travail effectué, la personnalité qui sera la meilleure au moment où nous la désignerons et ensuite une dynamique de campagne. Ne nous lançons pas tout de suite, mettons-nous à travailler.
On nous reproche aujourd’hui, non pas de ne pas avoir de candidat potentiel à la présidentielle, mais de ne pas savoir exactement ce que nous ferions si nous étions en situation d’accéder aux responsabilités. Ne nous mettons pas en difficulté en sautant le débat sur le fond, sur nos idées, pour tout de suite nous projeter dans des procédures de désignation.

Vous qui avez 43 ans, est-ce que vous estimez que l’équipe qui va se constituer dans les prochains jours doit être profondément modifiée par rapport à celle qui existait hier soir encore?
Oui. D’abord parce qu’il y a un changement de personnalité à la tête du parti, parce que la question du renouvellement et du changement a été particulièrement présente.

Exit les éléphants?
Un parti politique est un mix. Il faut donc réussir à faire ce mix, à faire en sorte qu’il y ait des possibilités pour une nouvelle génération, qui n’est pas forcément d’ailleurs élue, qui peut être des militants, d’accéder à de nouvelles responsabilités, et en même temps qu'il y ait de l’expérience. Je ne pense pas que l’on puisse dire à tout le monde de partir et ne remplacer que par ceux qui n’ont pas exercé de responsabilités.
Servons-nous de ce que l’on voit dans la majorité. La façon dont a été constitué ce gouvernement n’a pas simplement fait appel à ceux qui avaient eu des responsabilités dans les quinze années qui précédaient, mais les avait mixé avec une grande partie de ceux qui doivent être les responsables politiques majeurs dans les prochaines années.

Coup de chapeau à Nicolas Sarkozy?
Pas totalement à Nicolas Sarkozy, parce qu’il y a tellement de points sur lesquels je pense qu’il a des choses à améliorer. Mais ne renouvelons pas, nous, des erreurs qui soient de type conservateur, en essayant de faire en sorte que seul le poids de l’expérience puisse être valorisé. A côté de l’expérience, il faut très certainement introduire des éléments qui soient des éléments de nouveauté.

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FORUM 1 avis
Bruno Le Roux : «Personne au PS ne gagnera la présidentielle sur un champ de ruines»
RECONSTRUIRE
posté le 28/11/2008 15:19:07 par Nostag
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