widget    player    podcast   
 
bfm / Info / Interviews
[Good Morning Business]

Etienne Pflimlin : « il n’y a pas du tout de fermeture du robinet du crédit »

La rédaction - Good Morning Business - bfm, le 27/11/2008
Partager cet article avec mon réseau professionnel sur VIADEO Partager sur FaceBook Partager sur LinkedIn Partager sur Scoopeo Partager sur Technorati Partager sur Digg Partager sur del.icio.us Partager sur Google Partager sur MySpace Partager sur Yahoo!
Le président du groupe Crédit Mutuel est assez serein sur la situation de son entreprise face à la crise financière même s’il y a des dégâts collatéraux.
Etienne Pflimlin interrogé par stéphane Soumier le 26 novembre 2008 dans Good Morning Business
télécharger l extrait audio
Etienne Pflimlin, président du groupe Crédit Mutuel. -  - Etienne Pflimlin, président du groupe Crédit Mutuel.
Stéphane Soumier : Vous semblez rester à l’écart de la crise, c’est une sagesse immanente qui vous le permet ?
Etienne Pflimlin : Non, ce qui nous permet  de rester à l’écart de la tourmente, même s’il y a des dégâts collatéraux compte tenu de la forte intégration de ces métiers entre les différentes banques, c’est d’une part le fait que nous ayons toujours refusé d’être cotés en Bourse, pour éviter d’être soumis à des fluctuations dont je trouve d’ailleurs qu’elles sont exagérément pénalisantes pour nos confrères. D’autre part, c’est le fait de toujours considérer que notre métier principal et essentiel, pour ne pas dire exclusif, c’est le service à l’économie.
On parle beaucoup des problèmes de financements de l’économie, avec d’ailleurs une approche qui est quelque part assez injuste pour les banques, parce qu’en réalité, ce qui se passe actuellement c’est beaucoup plus la traduction de l’impact de la crise économique qui arrive et qui est en partie masquée par la crise financière, qu’une volonté de fermer le crédit. En particulier, il n’y a pas du tout de fermeture du robinet du crédit. Il y a simplement eu la répercussion dans les offres de crédits de la hausse du coût des matières premières, c'est-à-dire l’argent. Quand le prix du pétrole augmente, le prix de l’essence à la pompe augmente, et là c’est la même chose.
Le fait est qu’effectivement il y a trois ou quatre ans, quand le prix de l’immobilier galopait, on pouvait prêter presque 100% de l’achat particulier, parce que l’on savait que la garantie que représentait l’immeuble ou l’appartement acheté, allait se valoriser. A partir du moment où au contraire, on est dans une situation de plafonnement et vraisemblablement de réduction de la valeur des biens immobiliers, ce serait évidemment irresponsable de notre part de prêter dans les mêmes conditions.
 C’est vrai qu’il y a eu un certain nombre d’éléments garantis mais la concurrence est telle en France que l’on est plutôt dans l’état d’esprit de se battre avec les autres établissements, pour financer le maximum de projets, aussi bien individuels que de la part des entreprises.

Comprenez que ça peut totalement désorienter les auditeurs sur BFM, notamment les acteurs d’entreprises, mais le patron de la banque de détails de BNP Paribas m’avait finalement dit la même chose que vous. Il me disait que sa peur n’était pas un manque d’offres mais bien un manque de demandes...
Absolument. Je vous cite le chiffre le plus récent sur douze mois existants : notre encours de crédits toutes catégories confondues a augmenté de 10%. Compte tenu de notre proximité avec nos sociétaires et nos clients, nous leur disons de ne pas abandonner leurs projets, je pense en partie aux entreprises, parce qu’en investissant actuellement, pendant la période de crise, ils seront en meilleure situation que leurs concurrents, pour gagner des parts de marché.
Je pense en particulier dans nos banques qui sont spécialisées dans le financement des PME, l’approche est tout à fait dynamique. Ça correspond vraiment à notre souhait, à nos valeurs, à notre culture d’entreprise. Je crois aux petits ruisseaux qui font de grandes rivières et à tout un ensemble d’initiatives individuelles qui permettront d’avancer, plutôt que des interventions massives de la part des pouvoirs publics.

Comment est-ce que vous regardez l’ensemble des mesures gouvernementales, le contrôleur du crédit, tout cela ?
D’abord, vous savez qu’il y a des réunions départementales chez les préfets pour suivre la façon dont cela se passe sur le terrain. N’importe qui vous dira que faire une réunion toutes les semaines, ça n’a aucun sens. Les choses n’évoluent pas d’une semaine à l’autre de cette manière là. Le calendrier d’une réunion mensuelle me paraît raisonnable pour faire le point.
Il faut en même temps se dire que la responsabilité des décisions de crédits reste celle des banques, il n’y a pas de substitution de l’Etat à cela, et je crois que chacun doit assumer ses responsabilités. En tout cas, le Crédit Mutuel est déterminé et il assume les siennes tous les jours.

Vous sortirez comme un vainqueur de cette crise ? Entre vous et les Banques populaires, un modèle est en train de s’imposer ?
Je dirais d’abord que ce qui sortira vainqueur c’est l’économie et la société française. Mais ça va être une période très dure sur tous les plans, y compris en matière de chômage. Il faut s’y préparer. Ensuite, nous sommes convaincus que le modèle coopératif, ne dépendant pas des opérations de la Bourse, n’étant pas incité à des rémunérations des actionnaires qui sont totalement déconnectés par rapport au rythme de l’économie, est un modèle qui répond à la situation actuelle.

Le Crédit Mutuel n’attend plus aucune mauvaise surprise ? Est-ce que vous vous considérez comme à l’abri aujourd’hui d’éventuelles tourmentes futures ?
Je disais tout à l’heure qu’il y a des dégâts collatéraux compte tenu des interrelations entre les différentes banques françaises et européennes. Ce qui nous pose un problème ce sont les normes comptables, qui nécessitent d’ajuster en permanence nos comptes à valeur de ce qu’il y a sur les marchés.

Elles ont été modifiées ?
Elles ont été assouplies mais aujourd’hui, on peut considérer que la valeur des marchés, qui reste la référence principale, ne représente plus la valeur des entreprises. Je ne parle pas seulement du secteur bancaire, mais aussi du secteur automobile aussi par exemple.
Là il y a donc une sorte d’absurdité à laquelle il va falloir réfléchir, y compris dans les mesures générales. Je le répète, nous avons confiance dans notre modèle, y compris dans l’engagement très fort à la fois des salariés et des dirigeants, pour remplir cette mission de services.
Etienne Pflimlin, président du groupe Crédit Mutuel. -
Crédit :
Etienne Pflimlin, président du groupe Crédit Mutuel.



FORUM : soyez le premier à vous exprimer
Etienne Pflimlin : « il n’y a pas du tout de fermeture du robinet du crédit »
EN CE MOMENT
Ecoutez BFM en direct !
17h - 23h

► Le premier quotidien économique du soir présenté par Fabrice LUNDY
Envoyer un mail
À SUIVRE
23h - 24h

► Pour écouter ou Ré-écouter le meilleur de BFM radio
Envoyer un mail
Jeu-Concours : In Vino Chaque semaine, jouez et gagnez Le guide des grands amateurs de vin 2009. > en savoir plus
BFM AWARDS Paris Découvrez qui sont les heureux élus du palmarès 2008. > en savoir plus
Conseils & Recommandations Les analystes économiques et financiers vous disent tout. > en savoir plus
Le numéro boursier BFM Toutes les informations des marchés au 36 67 depuis n’importe quel téléphone (0,34€ la minute depuis un poste fixe). > en savoir plus
Sites du réseau 01net Network : 01net. - 01men - RMC - BFM - BFM TV - La Tribune - TousLesPodcasts - 01informatique.fr - Association RMC-BFM