Stéphane Soumier : Lansay, le roi du jouet en France, notamment à travers les licences. Cela ne sert finalement à rien que les gens cherchent ce qu’ils vont acheter, car c’est vous qui avez décidé il y a six ou huit mois, qui avez parié sur ce qu’ils allaient acheter… C’est ce qui est fascinant dans votre travail ?
Stéphane Azoulai : On a même pris des paris il y a plus longtemps que cela. La semaine dernière, on était à Deauville, on a présenté la collection de Noël 2009.
Qu’est-ce qui va marcher pour ce Noël 2008 ? Qu’est-ce qui va se vendre ?
Ce qui fonctionne bien aujourd’hui… Il y a le jeu du Zizi sexuel de Titeuf, qui fonctionne très bien, qui répond à une véritable demande à la suite de l’exposition et du guide du Zizi sexuel, qui ont été deux très gros succès. On a aussi le jeu des Ch’tis qui fonctionne très bien. C’est un pari que l’on a fait.
C’est un pari que vous avez pris à l’occasion du marchandising autour du succès du film de Dany Boon. Il y avait un point d’interrogation là-dessus ?
Il y a toujours un point d’interrogation sur ce genre d’événement, parce qu’avec des événements atypiques les ventes le sont aussi. Cela peut très bien fonctionner, comme ça peut ne pas marcher du tout. En l’occurrence ça a l’air de plutôt fonctionner et on devrait passer les 100 000 ventes.
Vous vendez aussi un microscope…
Le microscope, le fameux Scope TV, c’est le jeu qui a eu le prix du jeu scientifique de l’année. C’est un œil bionique que l’on branche sur la télé et qui permet de tout grossir 200 fois sur l’écran de la télé. C’est assez bluffant.
Est-ce qu’il y a une frontière de prix pour ces jeux ?
Le prix maximum, en l’occurrence pour le Scope TV, il est à 49 euros, et il est plutôt bien placé, parce que par rapport à la technologie que cela apporte, c’est plutôt pas mal.
Mais il y a une frontière de prix à ne pas dépasser ?
Disons que le prix moyen à Noël est aux alentours de 30 euros.
Pour nous, c’est le début de la grande offensive, comment sentez vous le marché ? Est-ce qu’en termes d’achats, la grande offensive est-elle partie ?
En moyenne, aujourd’hui, on devrait se situer entre 20 et 25% de la saison, en termes d’écoulement de la saison. La saison est donc très portée sur le mois de décembre depuis deux ou trois ans maintenant, puisque la majorité des achats se fait sur les deux dernières semaines de décembre, même si aujourd’hui, on a l’impression qu’avec toutes les promotions qui ont été faites sur les prix il y a des achats qui sont un peu prématurés. Et finalement tant mieux.
Parce que la promotion est efficace comme jamais ? C’est ce que vous constatez dans les relevés de ventes ?
En fait, il suffit de regarder les catalogues avec les différences de prix, c’est ce que l’on arrive à voir dans les relevés de ventes de nos clients chaque semaine, c’est que là où il y a une différence de prix en faveur du consommateur, c’est tout simplement là où la consommation se fait. C’est vraiment très marqué cette année.
Ça veut dire que le consommateur est à l’affût, mais qu’il a quand même envie de consommer. Il n’y a pas d’arrêt de ce côté-là ?
En tout cas, pour ce qui est des enfants, et ce sont les études que l’on a eues récemment qui nous le prouvent, et même les chiffres marché qui sont à plus 0,2, a priori le marché de l’enfant se porte, il n’est pas en retrait.
Vous avez dit une belle phrase « les enfants seront les dernières victimes de la crise économique »…
Voilà. En fait, ce que l’on a remarqué, c’est qu’en général les parents vont faire des sacrifices autour de la famille et des amis, et vont surtout privilégier les enfants, pour que le Noël se passe comme d’habitude.
Du côté des commerçants, Gauthier Picard, le patron de RueDuCommerce, nous disait qu’il n’y aura peut-être pas tant de dégâts (à cause de ruptures de stocks), que vous allez pouvoir écouler vos stocks, qu’il n’y aura justement peut-être pas de ruptures de stocks, qui vous font rater des ventes tous les ans, c’est son sentiment. Comment est-ce que vous voyez ça ?
Je dirais que cela dépend un peu des réseaux. Aujourd’hui, on a le réseau alimentaire qui prend de moins en moins de risques au niveau du support de stocks, donc qui fait supporter aux industriels le stock. Le problème que l’on a par rapport à ça, c’est qu’à partir du 5-10 décembre, les réserves des hypermarchés sont fermées, donc plus d’accès à la marchandise, et c’est justement au moment où la consommation est la plus forte.
Donc, ce sont les détaillants qui vont s’en sortir à ce moment-là ?
Ce que l’on constate tous les ans, c’est que les détaillants supportent le jouet jusqu’à la dernière seconde, jusqu’au 24 décembre, donc ils sont capables de faire entrer de la marchandise jusqu’au bout, et c’est en général là où les consommateurs se tournent pour avoir le produit qu’ils cherchent avant Noël.
C'est-à-dire, que pour vous, c’est un défi logistique peut-être plus important que ce que vous avez d’habitude ?
Vous savez, cela fait plus de trente ans que l’on est dans le métier du jouet, on l’a appréhendé il y a plusieurs années ce problème de logistique, heureusement d’ailleurs.
Il n’y a pas une accélération de ce côté-là quand même ?
Il y a clairement une accélération.

