Wall Street: c'est la chute finale, S&P au + bas depuis 1997
CercleFinance, le 20/11/08
(CercleFinance.com) - Aucun plan de sauvetage crédible du secteur automobile US (et des 'big-3') n'a pu être présenté à la Maison Blanche après 48H de débats au Congrès US... malgré des efforts de compromis entre démocrates et républicains.
Le problème semble décidément trop global et trop complexe pour proposer une réponse purement budgétaire qui ait une chance d'aboutir à un redressement durable -ou même temporaire- des constructeurs de Detroit.
General Motors a commencé par perdre -40% (nouveau plancher de 1,70$) avant d'en terminer -comme un pied de nez à la capitulation du Dow Jones- en hausse de +3,3%... la seule hausse parmi les 'industrielles'.
Il en a résulté un nouvel effondrement de Wall Street au cours de la dernière heure de cotations... lequel précipite les indices US sous leurs planchers de mars 2003, d'octobre 2002 et même sur des 'plus bas' jamais observés depuis 11 ans et demi pour le 'S&P-500' qui senfonce sous les 776Pts (plancher que l'on pensait historique du 9 octobre 2002).
L'indice phare -le plus large et le plus représentatif- a plongé de -7,3% à quelques secondes de la clôture pour toucher un nadir de 748Pts (il valait 1007Pts le 4 novembre) et le mois de novembre se solde par un repli sans précédent de -22,5% qui dépasse tout ce qui a jamais été observé à Wall Street depuis la période 1929/1932.
Jamais par ailleurs, le 'S&P' n'avait perdu -52% en 13 mois, jamais depuis 50 ans (oui, depuis 1958) on n'avait vu les T-Bonds US à 10 ans afficher 3,11% de rendement ni le '30 ans' s'effondrer à 3,57% (fuite éperdue vers la qualité).
Jamais le Dow Jones (-5,55%) n'avait cédé -19% en 3 semaines depuis 1929, et encore moins 43% en 11 mois. Jamais personne n'avait imaginé Citigroup chutant de -50% en 48H (-26% à 4,75$ ce 20 novembre) ou de -85% depuis le 1er janvier.
Jamais on n'avait vu le pétrole passer en 4 mois de 148 à 48,5$ le baril (une division par 3 pour une ressource qui s'épuise, peu importe la demande à un instant 'T', c'est surréaliste).
Les spécialistes du secteur de la prospection, les parapétrolières, les exploitants de gisements gaziers ont chuté collectivement de -20% ce jeudi (ça aussi, c'est historique) avec des -27% sur Chesapeake, -21% sur National Oilwell ou Peabody Energy, -19% sur XTO Energy et Marathon Oil, -18% sur Anadorko et -17% sur le géant Halliburton (et que dire des -8,8% sur Chevron et -6,7% sur Exxon-Mobil ?).
Jamais le conglomérat General Electric n'avait perdu -10 puis -11% sur deux séances consécutives, ni 25% de sa valeur en une semaine en 70 ans.
Jamais un fabriquant d'aciers spéciaux comme Steel Dynamics n'avait plongé de -13 puis -18% en 48H (soit -49% sur un mois et -91% en 11 mois), ni Alcoa s'effondrer de -14 et -16% coup sur coup.
Au sein du Nasdaq (-5,10%), Flextronics a dévissé de -30%, Sprint de -27%, Liberty Media de -21%, Micron de -18,4%, Foster Wheeler et Joy Global de -17%, Sandisk de -15,5%, Virgin Media de -14,5%, Akamai -13%.
Jamais l'indice VIX (le baromètre de l'angoisse) n'avait atteint 82% sur les actions (+10% en 24H)... le krach de 1987 apparaît désormais presque anecdotique.
En ce qui concerne l'environnement économique, c'est noir comme un soir de cyclone sur la Floride: les indicateurs avancés d'activité aux Etats-Unis sont ressortis en baisse de 0,8% au mois d'octobre (selon le Conference Board).
L'activité industrielle a dégringolé de +3,8 à -37,5 dans la région de Philadelphie en octobre, selon l'enquête mensuelle publiée jeudi par la Réserve fédérale locale (alors que les économistes prévoyaient un repli limité de l'indice à -10 environ).
Pour couronner le tout, le Département du Travail confirme tous les signaux de dégradation du marché de l'emploi observés dans la quasi-totalité des secteurs d'activité (avec la multiplication des plans de licenciements): les inscriptions hebdomadaires au chômage ont grimpé de +27.000 à 542.000 au cours de la semaine achevée le 15 novembre.
Le nombre de chômeurs indemnisés s'inscrit en progression de 109.000 et franchit le cap psychologique des 4 millions, à 4,01 millions.
Pour beaucoup d'opérateurs, le sentiment général en clôture était soit qu'un nouveau '1929' puissance 3 était en marche, soit que la capitulation de cette fin novembre va remobiliser les acheteurs qui ne souscrivent pas aux scénarios apocalyptiques qui sous tendent les valorisations actuelles (le 'Dow' -à 7500Pts- vaut moins que le patrimoine immobilier, financier et industriel de ses 30 composants).
Ph Béchade
Copyright (c) 2008 CercleFinance.com. Tous droits réservés.
FORUM : soyez le premier à vous exprimer
Wall Street: c'est la chute finale, S&P au + bas depuis 1997

A lire aussi
Sur TENDANCE