Fabrice Lundy : En
pleine déprime économique, gros plan sur les achats en ligne qui se portent
plutôt bien. Vous nous présentez le bilan annuel ce soir, et il n’y a pas de
crise. C’est bien non ?
François Momboisse : Oui, on a presque honte de le dire, mais les ventes sur Internet continuent de progresser à deux chiffres par rapport à l’an dernier. On a un trimestre « juillet, août et septembre », avant la tempête boursière d’octobre, qui est à +27% sur le total des sites Internet.
Je devine que la
raison est simple, les Français subissent une baisse du pouvoir d’achat et ils
ont tendance à se reporter sur Internet ?
Oui, mais avant ça, il y a plus d’acheteurs encore. On a trois millions d’acheteurs en plus par rapport à l’an dernier. Il y a plus de sites, il y a une augmentation du nombre de sites marchands de 40% en un an, on a plus de 44 000 sites.
Peut-être trop
non ?
Non, je crois qu’il se passe la même chose qu’aux Etats-Unis et en Angleterre, c'est-à-dire que l’on voit les grandes enseignes de chaînes de magasins qui viennent de plus en plus puissamment sur Internet. En France elles avaient été un peu en retard par rapport à d’autres pays.
44 000 sites,
les gros du secteur comme eBay, Amazon, PriceMinister, Fnac, La Redoute et la
SNCF sont toujours les vaisseaux amiraux ?
Oui, mais dans le top quinze est entré pour la première fois cette année un site d’enseigne de magasins que l’on n’attendait peut-être pas c’est Kiabi. Cette marque de textile pas cher premier prix fait une entrée remarquable.
Qu’est-ce qui est
toujours privilégié dans les ventes des sites à distance, les achats en
ligne ?
Tout ce qui est biens techniques. Les quatre gros piliers du
commerce à distance, historiquement, c’est tout ce qui est textile, tout ce qui
est biens techniques high-tech, les biens culturels et tout ce qui est tourisme
et voyages.
Sur les biens techniques, on constate dans le panel de trente gros sites qui
font plus du tiers du chiffre d’affaires qui nous donne un résultat détaillé,
que la croissance est un peu plus faible. Elle est de 5% seulement. Ce qui est
quand même très supérieur aux ventes en magasin qui sont en baisse sur les
produits techniques.
Sur les biens techniques, vous vous attendez à 10% des parts de marché pour les fêtes de Noël, ce qui sera un cap. Première fois que ce cap est dépassé ?
Tout à fait, mais là on constate sur le long terme qu’il y a une croissance régulière, presque trimestre après trimestre, de la part de marché d’Internet par rapport au total magasins sur ces produits là.
Le e-commerce
alimentaire, qui avait mis du temps à démarrer, devient maintenant un réflexe.
Là aussi par rapport au pouvoir d’achat ?
Oui, puisque la raison numéro un pour laquelle les internautes veulent faire leurs courses pour Noël, c’est le prix, qui est vraiment numéro un, suivi de très près par des raisons de praticité liées à Internet, puisqu’ils n’ont pas à se déplacer, ils peuvent comparer de chez eux plusieurs sites… Ce sont donc des raisons propres à Internet, spécifiques et qui vont durer.
Ça va durer, il y a
les fêtes de Noël et il y a le « cyber Monday » samedi prochain
justement, un mois avant le réveillon, une grande fête du commerce avec toutes
sortes de réductions, de promotions.
Tout à fait. C’est une initiative sympathique inspirée des Etats-Unis. C’est une bonne idée.
Tout cela va se
poursuivre, d’autant plus que le Gouvernement et Nicolas Sarkozy, avec le plan
France Numérique 2012, visent à développer l’économie numérique et tous les
e-marchands dont vous faites partie. C’est une aubaine ?
Oui, c’est bien. Tout ce qui peut contribuer à ce qu’il y ait de plus en plus de gens qui soient connectés à Internet et surtout connectés haut-débit est positif.

