
Grégoire Favet : Croissance de start-up pour Pages Jaunes, en tout cas si on s’en tient aux activités Internet, avec plus 24% sur neuf mois, c’est ca ? Michel Datchary : Oui, c’est ce que nous avions prévu dans notre croissance de cette année.
Aucun signe de ralentissement de ce côté-là ? Sur Internet, on pensait finir autour de 25% donc effectivement, c’est plutôt une tendance positive.
Ça veut dire quoi, ca veut dire que les activités en ligne sont plutôt préservées par le ralentissement du marché publicitaire que l’on attend, qui s’amorce ? Parce que ce qui est intéressant aussi avec Pages Jaunes, c’est que vous êtes en position de comparer avec ce qui se passe sur le papier également ? Oui, mais je serai aussi prudent que tous les économistes aujourd’hui sur les évolutions. Je pense que nous sommes sur un marché Internet qui est en croissance forte, qui résiste, bien sûr, mais surtout qui connait aujourd’hui de plus en plus d’annonceurs nouveaux, et cette croissance du nombre d’annonceurs nous permet effectivement de faire croître notre chiffre d’affaires. C’est donc à l’horizon de trois à six mois, quelque chose de positif. On verra de quelle façon la crise impactera ou pas les PME et les commerçants qui sont l’essentiel de nos annonceurs.
Croissance très rentable également. Il faut peut-être préciser que vous publiez un chiffre d’affaires neuf mois chez Pages Jaunes, donc plus 4,1%, soit 875 millions d’euros. Les objectifs de croissance sont confirmés. Votre marge brute opérationnelle progresse plus vite que votre chiffre d’affaires c’est ca ?
Oui, c’est une croissance très rentable et parallèlement, nous améliorons la performance opérationnelle de l’entreprise et l’un dans l’autre, ca nous permet d’avoir une croissance de la marge brute opérationnelle cette année, qui devrait être autour de 8%.
Montée en puissance du modèle. Un mot également sur l’Internet mobile, j’ai été surpris de voir ca : vous avez deux vaisseaux amiral pagesjaunes.fr et mappy.com, qu’il ne faut pas oublier. Ils font partie des sites Internet les plus visités en France et ils sont également très bien placés en ce qui concerne l’Internet mobile, je crois qu’ils sont numéro 2 si l’on exclut les portails Internet. C’est un lien de cause à effet évident quand on est très fort sur l’Internet classique, on est évidemment très fort sur l’Internet mobile ou c’est un vrai travail spécifique de votre part ?
C’est un travail spécifique. Je ne crois pas que ce soit gagné sur l’Internet fixe. Chaque mois, un Français sur deux consulte nos sites, et nous pensons d’ailleurs, à la fin de ce mois, dépasser le record de visites en dépassant 77 millions de visites sur le mois. On ne peut pas dire que cela se transpose automatiquement sur le mobile, il faut effectivement être présent sur le mobile, savoir trouver des partenariats avec les constructeurs et les opérateurs, et savoir aussi offrir des services adaptés. Il nous semble que la recherche du type Pages Jaunes est une recherche qui sera certainement très utilisée par les mobiles, d’autant plus qu’il y a cette capacité de géolocalisation qui peut s’améliorer chaque jour. On offrira donc un service encore plus conforme aux attentes de l’utilisateur.
C’est une position de leader que vous visez encore très clairement sur l’Internet mobile ? Nous visons à avoir exactement la même position sur l’Internet mobile que sur l’Internet fixe.
Autres activités du groupe Pages Jaunes, ce sont les renseignements téléphoniques. Pour vous c’est le 118 008. Il y a là un bond de 45% du chiffre d’affaires qui est généré par ces renseignements, qui reste quand même beaucoup moins important que le chiffre d’affaires Internet bien sûr. Comment expliquez-vous cette flambée ? On est toujours en guerre entre opérateurs de renseignements téléphoniques ?Un mot sur ce marché des renseignements téléphoniques dont on avait tant parlé le jour où débarquaient tous ces 118, aujourd’hui ca y est, les marchés sont répartis, partagés, les choses sont plus ou moins acquises ? Les parts de marché sont stabilisées. Aujourd’hui, les vraies bagarres sont sur Internet fixe et demain sur Internet mobile.
Autre chose très intéressante chez Pages Jaunes, notamment quand on est actionnaire : vous avez des fonds d’investissement qui sont très largement actionnaires du groupe Pages Jaunes, mais vous rémunérez toujours très bien. Je crois que tout le résultat net 2008 va passer dans le versement de dividendes ? Oui, c’est une possibilité que nous avons, c’est quelque chose que nous faisons depuis la cotation de Pages Jaunes en 2004, nous avons toujours versé un dividende, c’est une valeur connue pour son rendement.
13%...
Oui, nous avons des actionnaires qui nous ont achetés pour ça, donc on essaie d’être fidèles à notre position. Les fonds d’investissement ont racheté la part de France Télécom il y a deux ans, ils sont actionnaires à 54%, et 46% sont flottants. Notre politique de distribution est vraiment constante, et je pense que les actionnaires attendent de cette politique, et nous avons réaffirmé la distribution d’un dividende qui sera au moins égal à celui de l’année précédente.
L’éventuel assombrissement du marché publicitaire ne changera rien à cette politique ?
On se battra et je pense qu’à travers l’excellente résistance des annuaires imprimés aujourd’hui, qui sont une part importante de notre activité, et à travers la forte croissance que nous avons sur Internet fixe et mobile, on espère passer cette crise de façon convenable pour tout le monde.


