Philippe Dupont : «Nous allons débloquer près d'un milliard d'euros pour les entreprises d'ici à la fin de 2008.»
La rédaction - Good Morning Business - bfm, le 27/10/2008
Le PDG du groupe Banque populaire évoque le rapprochement avec les Caisses d'épargne et les dispositifs mis en place pour relancer l'économie.
Philippe Dupont interrogé par Stéphane Soumier dans Good Morning Business, le 24 octobre 2008.
Philippe Dupont, PDG du groupe Banque populaire
Stéphane Soumier : Comment allez-vous accueillir le médiateur du crédit ? Philippe Dupont : Nous allons l’accueillir avec un groupe qui est déjà organisé de façon régionale et qui va utiliser son organisation pour pouvoir être au service des entreprises et de l’économie réelle.
J’ai l’impression que vous n’en avez pas besoin ? Compte tenu de l’organisation de notre groupe, c’est vrai que toutes les décisions de crédit sont prises par des comités et par des hommes de la région, qui gèrent donc la proximité, les bons moments comme les mauvais pour les entrepreneurs et pour les particuliers. Nous savons nous placer dans la durée et ça fait cent ans que l’on fait de la banque comme ça.
Le médiateur du crédit est le bienvenu mais vous n’en avez pas besoin pour résumer ? On peut résumer comme ça.
L'Etat va remettre 22 milliards à votre disposition à travers l’épargne réglementée, plus exactement 17 milliards, puisqu’il y en a 5 pour Oseo. Est-ce que ce dispositif est en train de se mettre en place, est-ce qu’on peut en parler ? On peut tout à fait en parler et je peux même vous donner quelques exemples concrets. La Banque populaire occitane à Toulouse va débloquer 300 millions avant le 31 décembre prochain, la Banque populaire de Val de France à Versailles débloquera 330 millions avant le 31 décembre, la Banque populaire du Nord à Lille, 330 millions pour les entrepreneurs. Ce sont des exemples concrets et nous nous engageons.
Donc pour vous c’est parti, le dispositif fonctionne ?
Absolument.
Vous êtes prêt à régulièrement rendre des comptes sur ce dispositif ? Ça fait partie des obligations et en ce qui concerne le groupe Banque populaire, les engagements que nous prendrons seront dans le haut de la fourchette sur laquelle nous nous sommes engagés.
Là aussi on a un petit doute sur le chiffre : je crois que l’engagement que vous demandait le Gouvernement était de 3 ou 4% de hausse de crédit vers les entreprises, or vous êtes déjà au-delà ? Nous serons minimum à quatre et j’espère qu’une fois que nous ferons le bilan, nous serons au-dessus.
Mais vous êtes déjà au-dessus ? Sur les périodes passées oui. Maintenant, il s’agit d’accompagner les entrepreneurs d’ici à la fin 2008 et dans l’année 2009 et je réponds présent.
La fédération bancaire française a insisté sur l’affacturage et cela a fait très peur aux chefs d’entreprise parce qu’ils disent que ça leur coûte une fortune, que cela ne couvre pas 100% de la facture. Ils se disent pieds et poings liés ensuite pour des années ils ont peur que ce soit finalement la seule solution aujourd’hui qu’offrent les banques. Qu’est-ce que vous pouvez leur répondre ? Ce que je peux leur répondre c’est qu’une fois qu’une entreprise a les fonds propres nécessaires, la raison d’une difficulté c’est souvent la gestion du poste client.
L’avantage de l’affacturage et celui que nous avons dans les Banques populaires, c’est de pouvoir offrir à la TPE comme à la très grande entreprise ou au très grand groupe multinational, une solution qui lui permet, certes avec un coût, d’assurer le besoin en fonds de roulement nécessaires à l’exploitation de toutes les entreprises.
Ça veut dire que dans cette affaire-là, vous ne prenez pas votre part du risque ? Si, bien évidemment, puisque nous prenons, dans le cadre de l’affacturage, la créance pendant la durée pour laquelle l’entreprise nous l’a cédée.
Mais il y a souvent un assureur crédit derrière, donc c’est en ça où les entreprises disent qu’elles ont l’impression que les banques ne jouent pas le jeu dans cette affaire. Elles disent qu’il faudrait qu’elles jouent davantage le jeu du risque. Nous qui sommes non seulement affactureur mais également assureur crédit, puisque nous avons dans notre périmètre la Coface, nous connaissons aujourd’hui très bien les conditions dans lesquelles nous pouvons assurer ces créances, accompagner les entreprises et leur permettre de disposer de liquidités.
Tous ceux qui ont des problèmes liés à la crise financière, c’est-à-dire qui -pour des raisons de liquidités ou d’exigences de leurs fournisseurs ou de besoins en fonds de roulement- ont des créances négociables, ont une possibilité supplémentaire, grâce à l’offre des Banques populaires: mobiliser immédiatement ces créances pour avoir des liquidités.
Une question sur les Caisses d’épargne : où en est-on ? Est-ce qu’il y a une remise en cause quelconque de l’ensemble du dispositif qui commençait à naître avant l’incident qu’ont connu les Caisses d’épargne ? Non, j’ai rencontré les nouveaux dirigeants des Caisses d’épargne et ils ont confirmé dans leur organe délibérant la pertinence, la solidité de la constitution de ce projet d’un grand groupe bancaire, le deuxième en France. Dans ce domaine je ne peux que je me réjouir du processus qui suit son cours et qui va, à son rythme, déboucher effectivement sur la constitution de la deuxième grande banque française.
Et plus personne ne pourra vous en contester la présidence ? Ça, c’est une affaire que l’on avait réglée et que l’on poursuivra dans le cadre des engagements qui ont été pris de part et d'autres.
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