Marché: la Bourse du Maroc 'reste un marché acheteur'.
CercleFinance, le 23/10/08
(CercleFinance.com) - Certains pays émergents, tel que le Maroc, n'ont pas été directement touchés par la crise financière. Ainsi Abdellatif Jouhari, gouverneur de la banque centrale marocaine Bank Al Maghrib, a précisé à Cercle Finance que l'économie marocaine ' ne connaît pas de crise du crédit, c'est tout l'inverse '. Ainsi, la ' Banque centrale a été amenée à relever le taux directeur en septembre '. Le gouverneur ajoute que la Bourse du Maroc 'reste un marché acheteur'.
Cercle Finance: Le système bancaire marocain et plus globalement ceux des pays émergents ont-ils été directement affectés par la crise financière ?
Abdellatif Jouhari: Les pays émergents connaissent des situations diverses. En ce qui concerne le Maroc, le système bancaire n'a pas été touché par la crise financière. Les banques marocaines sont peu exposées aux crédits 'subprime'. Nos marchés n'ont pas encore goûté à ces produits sophistiqués !
Par ailleurs, le Maroc ne connaît pas de crise du crédit, c'est tout l'inverse... Notre économie est davantage en forte croissance avec une hausse de 26% du crédit bancaire en septembre. La Banque centrale a été amenée à relever le taux directeur de 3,25% à 3,50%, le 26 septembre dernier.
En outre, la Bourse marocaine accueille peu de capitaux étrangers et les fondamentaux des entreprises sont bons, nous n'avons donc pas connu de plongeon de notre Bourse qui reste un marché acheteur.
CF: Dans quelles mesures, les pays émergents ont-ils ou vont-ils être affectés par la crise ?
AJ: L'économie réelle devrait davantage être affectée par la crise financière. Le ralentissement de l'économie internationale devrait générer une baisse du commerce international et des investissements directs à l'étranger. Selon nos estimations, l'impact de la crise sur l'économie marocaine devrait réduire le taux de croissance du PIB de moins d'un point de pourcentage en 2009. A cet égard, les dernières prévisions révisées du gouvernement pour l'année 2009, confirmées par les services du FMI (World Economic Outlook), montrent que la croissance pour le Maroc devrait continuer à se situer autour de son potentiel (5-6%).
CF: Les solutions adoptées aux Etats-Unis et en Europe auront-elles des répercussions sur les économies émergentes ?
AJ: Si elles permettent de relancer les économies alors ces mesures seront également un facteur de soutien pour nos exportations et donc notre croissance.
CF: La banque mondiale se chargera t-elle de mettre sur pied des mesures de soutien destinées aux économies des pays émergents ?
AJ: L'institution n'envisage pas de mettre en place un plan global pour l'ensemble des pays émergents. La Banque mondiale privilégie les prêts bilatéraux. Ainsi, dans le cadre de la crise, la Banque mondiale a accepté d'accroître l'enveloppe des prêts.
Ces mesures ne sont pas sans contrepartie. La Banque mondiale fixe, dans le cadre de programmes sectoriels, des objectifs à atteindre. Concernant le Maroc, les politiques sectorielles récentes ont mis l'accent sur l'éducation nationale, l'agriculture et l'énergie.
Propos recueillis par Mathilde Golla.
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