Fabrice Lundy : La Redoute va supprimer 672 emplois d’ici quatre ans, en fermant notamment ses 80 points de contact en France. Pourquoi avoir pris cette décision?
Nicolas Bernard : La Redoute présentait ce matin à son comité d’entreprise un plan de relance, pour retrouver de la compétitivité face à des concurrents toujours plus nombreux. La vente par correspondance traditionnelle souffre aujourd’hui au profit de la vente par Internet. Nous sommes bien sûr sur Internet, mais cela ne suffit pas. Nous devons aujourd’hui adapter notre organisation à ce nouvel environnement. En fait, nos clientes changent, leurs besoins aussi, et nous voulons mieux répondre à ces nouvelles exigences.
Quelle est la principale raison de la baisse de l’activité? C’est une baisse imputée au pouvoir d’achat dans le contexte économique actuel ou c’est la fin du vieux modèle, du vieux catalogue de VPC?
Ce n’est pas la fin d’un modèle, c’est la vente par correspondance aujourd’hui qui a baissé plus vite que ne s’est développé le Web. On est donc à une période charnière. Cette vente par correspondance traditionnelle souffre, et aujourd’hui, Internet n’a pas encore pris totalement le relais, et c’est pour cela qu’il faut que nous reprenions nos organisations et que nous les réadaptions à ce nouvel environnement.
Comment se portent les résultats de La Redoute? On dit qu’ils sont négatifs, qu’en est-il exactement?
On ne commente jamais les chiffres, mais effectivement, La Redoute était en perte à la fin juin, et c’est l’élément, aujourd’hui, qui fait que nous devons prendre cette décision difficile, mais nous la considérons comme indispensable pour assurer la pérennité de notre entreprise.
Décision difficile : est-ce que, à votre avis, cette annonce est une première, est-ce que d’autres vont suivre, du même type, chez vos concurrents? Est-ce que ça touche l’ensemble du secteur de la VPC?
La vente par correspondance traditionnelle souffre mais nous ne faisons pas de commentaire sur nos concurrents.
672 emplois supprimés chez La Redoute: qu’allez-vous faire? Est-ce qu’il va y avoir des reconversions? Luc Chatel, qui est porte-parole du gouvernement et secrétaire d’Etat à la Consommation, disait que le gouvernement allait travailler avec vous, avec La Redoute, sur une reconversion. Qu’en est-il exactement?
Chaque personne bénéficiera d’un vrai accompagnement personnalisé, et La Redoute s’engage à rechercher avec chacun la meilleure solution, pour permettre aux équipes soit de poursuivre une activité professionnelle soit de réaliser un projet personnel. Je crois que c’est vraiment ça l’enjeu aujourd’hui. Soyez sûr que nous avons vraiment cette volonté.
Les postes les plus touchés concernent l’activité courrier?
Effectivement, mais déjà, pour ces 91 collaborateurs de l’activité courrier, nous avons notre prestataire retenu, qui est un prestataire spécialisé dans le traitement de courrier, qui va proposer aux 91 collaborateurs de continuer cette activité chez lui. C’est important. De même, dans nos rendez-vous catalogue, que nous allons fermer, nous avons 430 salariés qui y travaillent, et de nombreuses offres qui correspondent à leur profil et à leur lieu d’habitation vont leur être faites au sein du groupe dans lequel nous sommes.



