GSK serait le grand gagnant de la pandémie. En étant le premier à avoir distribué son vaccin son chiffre d'affaire a progressé d'un milliard sur le seul quatrième trimestre 2009. Sanofi-Aventis et Novartis prévoient autour de 300 millions d'euros chacun de recettes supplémentaires.
Le montant de ces juteux contrats continue pourtant de nourrir des soupçons : à 9 ou 10 euros la dose, contre 6 ou 7 euros pour un vaccin contre la grippe saisonnière, la différence est appréciable même si aucun des laboratoires ne souhaite divulguer sa marge.
Les autres laboratoires sont sur la même longueur d'onde et pour preuve de leur ouverture deux d'entre eux sont disposés à renégocier les contrats. Sanofi-Aventis serait prêt à reprendre une partie de ses produits. (Photo : production de vaccins chez Sanofi-Pasteur).
Les laboratoires, eux, démentent aujourd'hui toute notion de pression. "Nous n'avons fait que remplir notre mission", estime le laboratoire GSK qui assure que le cahier des charges était clair : développer et produire en un temps record un vaccin efficace contre la grippe H1N1 et répondre aux différentes commandes des gouvernements. (Photo : production de vaccins contre la grippe H1N1 chez GSK).
D'autres voix s'élèvent pour dénoncer la responsabilité des quatre laboratoires pharmaceutiques sollicités pour produire le nouveau vaccin : GlaxoSmithKline, Sanofi Pasteur, Novartis et Baxter. Selon le Parti socialiste, ils auraient habilement manœuvré pour fabriquer plus de doses que nécessaire. (Photo : production de vaccins contre la grippe H1N1 chez Novartis).
D'autres pays européens, comme l'Allemagne, essayent aussi de revendre leurs doses, mais l'enjeu est moins lourd avec 50 millions de doses achetées, soit presque deux fois moins qu'en France. Le député UMP de Paris Bernard Debré a regretté lundi matin le manque de prudence de la France dans la gestion de l'épidémie grippale, assurant que le coût dépasse le déficit de tous les hôpitaux français.
Aucune précision n'a toutefois été donnée sur le nombre de doses que le ministère de la santé souhaite revendre. Et il est pour l'heure impossible de savoir quelles sommes le gouvernement français pourra récupérer par rapport à la facture initiale. (Photo : la ministre de la Santé Roselyne Bachelot à Paris le 19 novembre 2009).
Le gouvernement négocie aujourd'hui pour revendre une bonne partie de sa commande initiale, qui s'élevait à 869 millions d'euros, soit un peu plus de 9 euros par dose : le Qatar a acheté 300 000 doses et l'Egypte pourrait en acheter 2 millions, un peu en-dessous du prix d'achat. (Photo : boites de vaccins anti-grippe H1N1 de GlaxoSmithKline Pandermix)
Sur les 94 millions de doses de vaccins commandées l'été dernier par le ministère de la santé, cinq millions ont été pour l'instant utilisées. Certes, les vaccinations se poursuivent, mais à un rythme beaucoup plus lent. Par ailleurs, neuf millions de doses ont été offertes à l'Organisation mondiale de la santé (OMS) à destination des pays les plus pauvres. (Photo : centre vaccination à Marseille le 4 décembre 2009).