
Lorsque Xavier Mathieu, le délégué syndical CGT de Continental à Clairoix traite Bernard Thibault de "racaille", lui reprochant de ne pas être sur le terrain et de frayer avec le gouvernement, on se dit qu'il y a du rififi dans le premier syndicat français...
Lorsque Jean-Pierre Delannoy, responsable de la fédération CGT de la métallurgie du Nord-Pas-de-Calais annonce sa candidature contre Bernard Thibault pour porter la voix de la base, on se dit qu'il y a de la contestation dans l'air, même si cette candidature n'est pas conforme aux statuts et donc irrecevable.
Une opposition visible mais peu structurée
En réalité, rien ne dit que les oppositions internes sont aujourd'hui plus puissantes. Elles sont indéniablement plus visibles, mais elles ne parviennent pas à s'organiser.
Beaucoup se posent néanmoins des questions sur la stratégie suivie, pas clairement définie. Bernard Thibault, lui, ne manque pas de mettre en avant le bon résultat enregistré aux élections prud'homales.
L'urgence du recrutement de nouveaux adhérents
En réalité, le principal enjeu du Congrès, ce sont les réformes internes pour attirer et garder de nouveaux adhérents. Malgré cette progression électorale, la CGT peine en effet à augmenter son nombre de syndiqués.
Alors que Bernard Thibault, s'était fixé en 2003 l'objectif d'un million d'adhérents, le syndicat ne compte aujourd'hui que 650 000 membres. Le défi est donc de taille, d'autant que ce sont les secteurs en déclin qui ont le plus fort taux de syndicalisation...
Les propositions de la direction en débat
La direction de la CGT propose donc à ses troupes d'initier plusieurs réformes des structures : elle souhaite d'abord favoriser le regroupement de plusieurs fédérations professionnelles pour être plus en phase avec les secteurs de l'économie. Un chantier délicat, les fédérations étant puissantes et assez autonomes.
Elle préconise ensuite de s'adresser davantage aux précaires, aux salariés des TPE-PME, et à ceux des entreprises sous-traitantes, qu'ils ont du mal à atteindre
Et enfin, elle encourage à mieux prendre en charge les adhérents dits "isolés", car pour l'instant des milliers d'adhérents ne peuvent être affiliés à aucune fédération professionnelle et sont laissés à eux-mêmes.
Pour son dernier mandat, Bernard Thibault espère mener à bien cette réforme ambitieuse.


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