Fixer le juste salaire
L'année dernière, chez Veolia, Henri Proglio a gagné 1,5 million d'euros. Dans le même temps, Pierre Gadonneix, l'ancien patron d'EDF a touché 700 000 euros. Pour compenser la différence, il a été envisagé que le nouveau patron de l'électricien touche deux salaires, l'un de Veolia et l'autre d'EDF. Mais, début novembre, Christine Lagarde a balayé cette éventualité. Henri Proglio ne touchera donc qu'un seul salaire. Reste à savoir à combien il sera fixé. Pour le moment, personne n'a pu nous confirmer si la question sera abordée lundi au cours du conseil d'administration d'EDF. Un proche du dossier confie toutefois que même si tous les chiffres ont circulé, ol ne faut pas s'attendre à ce que le salaire du PDG explose. En revanche, il y a de fortes chances qu'il soit revalorisé de quelques pourcents.
Gérer une double casquette controversée
Le nouveau président devra aussi affronter la polémique sur son cumul de mandats à la tête d'Areva et d'EDF et sur sa rémunération. A partir de cette semaine, Henri Proglio va officiellement devenir l'un des PDG les plus puissants du monde : en cumulant des fonctions au sein des deux groupes, il va diriger 500 000 personnes et sera à la tête de 100 milliards d'euros de chiffre d'affaires cumulés. Mais, son salaire ne va pas augmenter en conséquence.
Négocier la paix sociale
Ces retards ont également un prix : de source syndicale, on dit que le conflit à coûter 600 à 700 millions d'euros à l'entreprise et on estime qu'il ne tient qu'au nouveau président de négocier afin que tout rentre dans l'ordre.(Photo : Chargement d'un générateur de vapeur de 350 tonnes dans une centrale nucléaire).
Redevenir exportateur
Les 58 tranches nucléaires de l'outil de production d'EDF lui permettent de couvrir la demande dans la très grande majorité des cas, mais le mouvement grève de salariés chargés de l'entretien des centrales pendant la période de maintenance estivale a grippé la mécanique. Le programme a donc pris du retard. Les opérations sont effectuées en ce moment et cela risque de durer encore plusieurs semaines. Résultat : EDF n'est pas capable actuellement de produire à la hauteur de la demande et en octobre dernier, la France a été importatrice nette d'électricité pour la première fois depuis 1945. (Photo : Poste d'interconnexion France-Allemagne de Vigy (Moselle))
Remettre l'outil de production en bonne marche
Parmi les autres défis majeurs qui attendent le nouveau président d'EDF : la question de l'état de l'outil de production du groupe. Considéré comme l'un des premiers mondiaux par les spécialistes, il connaît actuellement des problèmes... (Photo : centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine (Aube)).
Gagner la bataille des prix
La loi qui est en préparation a pour vocation de créer de véritables conditions de concurrence en France en obligeant EDF à vendre son électricité nucléaire à prix coûtant à ses concurrents, comme Poweo ou Direct Energie. Une telle décision ferait perdre à l'entreprise nationale une grande partie de son avantage commercial. Henri Proglio l'a déjà dit : il est totalement opposé à ce projet. Et pour des proches de l'entreprise, sa capacité de résistance sera un baromètre de son pouvoir politique réel et de l'image qu'il veut donner en interne aux syndicats et à l'ensemble des salariés. (Photo : Réglage d'un gestionnaire d'énergie).
Défendre le bastion EDF
Henri Proglio est bien décidé à défendre le bastion EDF au maximum. C'est en tout cas ce qui transparaît dans les premiers propos du nouveau patron, notamment lors de son audition à huis clos devant les commissions des finances du Sénat et de l'Assemblée nationale. Surprenant et ambitieux quand il prône le démantèlement d'Areva pour remettre EDF au centre du nucléaire français, il sait aussi se montrer tenace sur l'un de dossiers les plus chauds du moment : les tarifs de l'électricité.