
Des constructeurs favorables à une suspension progressive
L'objectif est d'éviter le décrochage enregistré à la fin des précédentes primes à la casse : à la fin des "Balladurettes" et "Juppettes", les ventes s'étaient écroulées de plus 20 %.
Officiellement il est trop tôt pour aborder le problème. Les constructeurs essaient surtout de faire pression sur le gouvernement. Renault et PSA-Peugeot Citroën militent ouvertement pour une suspension progressive de la prime à la casse : en clair, une réduction par pallier et étalée dans le temps du coup de pouce.
"La prime à la casse a vraiment dopé le marché sur le segment des petites voitures et ce que nous souhaiterions c'est : soit de toujours avoir une prime à la casse pour l'année prochaine, soit d'avoir une prime sur la totalité des véhicules particuliers qui pourrait être décroissante", explique Bernard Cambier, directeur de Renault en France.
Menace sur la production et l'emploi du secteur
En cas de suspension du dispositif dans six mois, le réveil risque d'être particulièrement difficile pour le marché automobile : le gouvernement estime entre 200 000 et 250 000 le nombre de voitures vendues cette année grâce à cette prime.
Du coup, si les ventes décrochent brutalement, les constructeurs vont devoir adapter leurs outils de production et ne pourront pas éviter de recourir massivement au chômage partiel.
Une facture totale d'un milliard d'euros pour l'État ?
Mais le gouvernement lui fait ses comptes : la prime à la casse et le bonus-malus écologique coûtent beaucoup plus cher que prévu.
Pour le bonus écologique, le bilan est calamiteux : le gouvernement pensait que le prélèvement des malus compenserait le versement des bonus, mais c'était sans compter sur la ruée des consommateurs sur les véhicules peu polluants. Résultat : Bercy doit puiser dans ses caisses environ 35 000 euros par mois.
La prime à la casse est elle aussi victime de son succès. À l'origine, Bercy avait alloué 220 millions d'euros pour ce dispositif pour l'année. Début juin, ce sont 190 millions qui avaient déjà été engloutis. Du coup, le budget sera largement dépassé. Le ministère des Finances devrait d'ailleurs proposer au Parlement de rallonger l'enveloppe.
Si l'option d'une suspension progressive du dispositif est adoptée pour 2010, ces mesures vont nécessiter plusieurs centaines de millions d'euros supplémentaires. Le maintien du marché automobile français à un niveau convenable pourrait alors finalement se solder par une facture de plus d'un milliard d'euros...

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