
C'est donc François Pérol, le nouveau patron des Banques Populaires et des Caisses d'Epargne, qui devra essuyer les critiques. Et c'est un motif supplémentaire de frustration pour les petits actionnaires particulièrement motivés et remontés qui ont fait le déplacement aujourd'hui à la Défense.
Hasards du calendrier ou tentative de sabotage ?
Motivés, d'abord, parce que la date fixée pour cette AG est particulièrement inadaptée selon eux : le choix d'une veille de jour férié et de long week-end n'est-elle que le fruit des hasards de calendrier ? Les petits actionnaires n'y croient pas. "On aurait voulu qu'il n'y ait personne, on ne s'y serait pas pris autrement", ironise Fabrice Rémon, le responsable de l'association d'actionnaires minoritaires de Natixis, Déminor.
Il condamne aussi l'obstruction des Banques Populaires et des Caisses d'Epargne. Selon lui, pas moins de 500 petits actionnaires ont tenté en vain d'obtenir leur attestation de détention d'actions auprès de leurs banques. Cette organisation n'a donc fait qu'exacerber leur colère.
Des actionnaires qui se sentent floués et impuissants
Les petits actionnaires sont déjà très échaudés par la dégringolade de leur action : ils l'ont achetée près de 20 euros, elle vaut aujourd'hui moins de deux euros. D'une manière générale, ils ont le sentiment d'avoir été floués. Pour eux, les dirigeants de Natixis ne sont que des menteurs et des incompétents. En même temps, ces actionnaires se sentent impuissants, puisque 73 % du capital de Natixis sont détenus par les Banques Populaires et les Caisses d'Epargne.
Pour François Pérol, qui ne s'est encore jamais exprimé devant les actionnaires, cette assemblée générale est donc un véritable baptême du feu qui s'annonce particulièrement difficile et tendu. Mais comme dit Fabrice Rémon, "pour lui ce n'est finalement qu'un mauvais moment à passer."


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