
26 consultants supplémentaires : c'est le nombre d'embauches que Sodie a dû réaliser depuis le 1er janvier pour faire face au surcroît de demandes des entreprises. Cela représente une hausse de près de 10 % des effectifs pour cette entreprise de 280 salariés, qui génère un chiffre d"affaires de 30 millions d'euros annuel et prend en charge chaque année quelque 12 000 salariés.
Accélération des licenciements face à un marché ralenti
Ces derniers mois, les entreprises clientes se montrent en effet beaucoup plus pressées que par le passé. "Elles essaient d'accélérer leur prise de décision et surtout leur délai de mise en œuvre. C'est bien sûr délicat à la fois face à la situation du marché de l'emploi et à la nécessaire préparation du salarié à son futur destin professionnel", constate Alain Petitjean, Directeur Général de Sodie.
Reclasser des salariés tout juste licenciés dans un tel contexte est un défi. Les départs à la retraite encore nombreux créent un appel d'air et certains secteurs ont toujours de forts besoins en recrutement. Mais face à la baisse des offres d'emploi déposées, il faut aller chercher les offres à la source : "Désormais plus des trois quarts du marché du travail doivent être sollicités en allant dans les entreprises repérer le poste à la source", note Alain Petitjean.
Des salariés dépités mais plus réalistes
Parmi les clés de la réussite, le Directeur Général de Sodie met aussi en avant l'attitude des salariés licencies. "On a des salariés qui sont réalistes dans leur projet de retour à l'emploi, qui ont bien compris cette fois-ci qu'il faut se mettre en marche immédiatement, raccourcir la période de deuil qu'ils peuvent vivre par rapport à leur perte d'emploi", remarque-t-il.
Fait nouveau : le fort engouement des chômeurs pour la création d'entreprise qui est un débouché pour 30 % des salariés à reclasser. "Cela exprime d'abord un rejet du salariat et un dépit par rapport à l'entreprise mais ces projets ne sont souvent pas seulement individuels mais collectifs et ont une assez bonne chance d'aboutir", souligne le spécialiste.
Vers un label éthique pour les entreprises de reclassement ?
Pour parvenir à reclasser au moins trois quarts des salariés, il faut mettre plus de moyens en période de crise. Mais les entreprises de reclassement doivent avoir une taille suffisante et remplir certaines obligations. Alain Petitjean plaide ainsi en faveur de la création d'un label "qui porterait à la fois sur les moyens, les méthodes et quelques engagements éthiques". "Ce n'est pas un métier que l'on peut exercer en deuxième ou troisième métier", insiste-t-il.
Sodie affiche aujourd'hui un taux de marge de 6 % avant impôt. Une bonne partie de ses résultats dépend en fait des taux de retour à l'emploi qu'elle parvient à obtenir.


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