
Classer les entreprises du CAC 40 en fonction de la place accordée à la mobilisation des salariés dans leurs rapports sur le développement durable : telle est la philosophie du palmarès publié depuis deux ans par le centre de recherche Novethic, filiale de la Caisse des dépôts.
Danone et ST Microelectronics en tête du classement 2009
Dans l'édition 2009, c'est Danone et ST Microelectronics qui tiennent les deux premières place, tandis que Lagardère, Michelin et Essilor ferment le peloton. Pourtant pas question d'en tirer des conclusions définitives sur les engagements respectifs de ces groupes. Un des principaux enseignements de cette étude est en effet l'absence de continuité stratégique.
En un an , la moitié des entreprises a fait une progression spectaculaire, tandis que l'autre moitié a subi une chute vertigineuse."Ça prouve bien que d'une année à l'autre elles ne sont pas dans une logique de se dire sur quoi elles ont progressé et comment elles peuvent comparer les deux exercices. Et c'est déjà un premier problème", explique Anne-Catherine Husson-Traore, directrice générale de Novethic.
Trop d'écogestes, pas assez d'enjeux métiers
"Le deuxième problème qui est frappant c'est la place prise par les éco-gestes (éteindre la lumière et l'ordinateur, couper l'eau, etc.) qui s'adressent d'abord aux salariés citoyens et finalement pas aux enjeux métiers qui sont cruciaux pour le développement durable", explique-t-elle.
Mieux vaudrait par exemple "intégrer des critères environnementaux ou sociaux pour des prêts", dans le secteur financier ou "veiller à la consommation d'énergie des systèmes informatiques", dans le secteur technologique. Autant d'actions "qui ne sautent pas au premier regard à la tête des salariés de ces secteurs-là", reconnaît cette spécialiste.
Des stratégies diversifiées
Malgré tout, les entreprises intègrent de plus en plus le développement
durable dans leur stratégie, notamment pour rafler de nouveaux contrats jusque
dans les pays émergents. "Dans le cas des barrages au Brésil, 10 à 20 % du coût
total de l'opération peuvent être consacrés à des opérations vis-à-vis des
communautés de façon à ce que notre installation soit acceptée socialement et
aussi respecte la biodiversité et l'environnement", souligne Bernard
Saincy, directeur de la responsabilité sociétale de GDF SUEZ, qui apparaît dans
le milieu de classement Novethic, avec une place "avancée" accordée à
la mobilisation des salariés.
Chez Cap Gemini, on privilégie l'approche "bottom up"
plutôt qu'une démarche "top down".
En clair : les bonnes idées des salariés remontent au management. "Face
aux enjeux de développement durable, c'est toute l'organisation qui doit se
mobiliser : des cadres dirigeants jusqu'aux opérationnels et d'ailleurs pas forcement
dans ce sens-là", confirme Agnès Rambaud, directrice du cabinet des Enjeux
et des Hommes, spécialisé dans le développement durable. Pour elle, chaque
salarié peut être une force de proposition.
Tous ces experts estiment toutefois que beaucoup de travail reste à faire et ils attendent avec impatience les prochains rapports développement durable des stars de la côte, afin de voir si la crise a servi ou non à repenser leur modèle.


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